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Lucien Bouchard rend hommage à son ami Bernard Landry

Agence QMI

L’ex-premier ministre Lucien Bouchard, qui a précédé Bernard Landry à la tête de l’État québécois, s’est souvenu de lui comme d’un homme loyal, fidèle et extrêmement talentueux.

Lors d’une entrevue émouvante avec Pierre Bruneau, à LCN, mardi soir, M. Bouchard s’est plongé dans ses souvenirs pour rendre hommage à cet ami qu’il a côtoyé intensément pendant plusieurs années, quelques heures après l'annonce de son décès.

«C’était un homme qui était de bonne humeur, a-t-il expliqué. Il n’était jamais déprimé. Il avait le sens de l’humour.»

M. Bouchard a témoigné du rôle important qu’a eu Bernard Landry quand il a fait le saut en politique provincial. Il a rappelé qu’il n’avait pas de carte de la formation souverainiste, dix jours avant.

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Lucien Bouchard était chef du Bloc québécois à Ottawa lorsque le premier ministre de l’époque, Jacques Parizeau, a annoncé sa démission. Bernard Landry l’a alors appelé pour savoir quelle était son intention. «Si tu te présentes à la direction du PQ, je ne me présente pas, mais je te le dis, si tu ne te présentes pas, je me présente», lui aurait dit M. Landry.

«Bernard a été plus que mon homme de confiance. J’avais confiance en lui et lui aussi en moi», a-t-il confié.

«J’atterris à Québec au sein du Parti québécois, où les anciens liens sont très importants, mais moi, je suis un nouveau, j’arrive. Bernard, c’était mon assurance politique, ma police d’assurance politique. C’est une des raisons pour lesquelles il a joué un rôle si important auprès de moi. Lui avait ses lettres de créance indubitables au sein du PQ [...]. Bernard, à côté de moi, c’était mon garant, autrement dit. Ce n’est pas tout le monde qui m’appuyait au Parti québécois.»

«On était ami avant, a-t-il ajouté. Au lendemain du référendum, il y avait beaucoup de morceaux à recoller. On avait des finances publiques désastreuses [...]. À ce moment-là, c’était important qu’on soit ensemble et il était d’accord avec moi.»

Il est aussi revenu sur la contribution de cet homme «extrêmement talentueux».

«C’était un social, Bernard, pas un socialiste [...]. C’est avec lui en particulier qu’on a convenu qu’il fallait équilibrer ce qu’on faisait. Et, en même temps qu’on a fait le redressement des finances publiques, on est un des gouvernements qui a fait le plus en termes de programmes sociaux, les assurances médicaments, l’équité salariale, l’économie sociale, les garderies, tout en faisant des coupes importantes. Et Bernard était au cœur de tout çà. Il partageait cette politique-là. Je n’aurais pas pu le faire, si Bernard n’avait pas été d’accord».

Celui qui a dirigé le Québec de 1996 à 2001 l’assure, il y aura une place privilégiée pour son successeur dans les pages d’histoire. «Quand on va vouloir jeter un coup d’œil sur cette période de l’histoire très intense qu’était la nôtre, Bernard Landry va être dans les premiers chapitres. Ça va être une sorte de modèle pour les jeunes qui rentrent en politique», a-t-il affirmé.

«Il était politiquement très avisé quand il le fallait», a rappelé l’ancien chef péquiste à propos de cet homme «très ambitieux pour l’idée qu’il se faisait du Québec».

«Il n’a pas seulement fait que rêver. Il est entré dans l’action au maximum», a-t-il ajouté.

 

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