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Plus de gens devraient habiter au centre-ville, dit Richard Bergeron

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Joël Lemay / Agence QMI

La Ville de Montréal aurait intérêt à s’inspirer de Toronto et à voir à ce que plus de gens habitent au centre-ville, alors qu’une croissance de 1,2 million de personnes est en vue pour la Région métropolitaine de Montréal d’ici 2050.

C’est du moins l’avis exprimé par l’urbaniste et ex-chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, dans une conférence donnée mardi soir au Forum URBA 2015 organisé par l’UQAM.

«Pour absorber sa croissance prévue de population, Toronto va devoir construire 500 tours de plus au centre-ville d’ici 2050. Ça va ressembler à Manhattan, et c’est pleinement assumé», a avancé M. Bergeron, qui ajoute qu’un tel développement doit s’accompagner d’un réseau de transport performant.

«Ils ont confiance en l’avenir et y vont avec un modèle de développement en hyperdensité au centre-ville, et en densité forte ailleurs», poursuit M. Bergeron, qui remarque qu’à l’inverse, Montréal est «la championne canadienne de l’étalement urbain».

«Les gens qu’on attend peuvent rentrer dans le périmètre déjà urbanisé de Montréal. Il n’y a pas de raison qu’un hectare de plus de terrain agricole, de zone boisée ou de zone humide soit détérioré», a-t-il plaidé.

Moins d’habitants qu’en 1961

Les réseaux de métro de Montréal et Toronto se sont développés pratiquement en même temps. Dans les deux cas, on voulait y concentrer les bureaux, les commerces et les centres culturels, et on y est arrivé.

On voulait aussi y développer l’habitation, mais ce fut un échec: entre 1961 et 1991, la population habitant dans l’aire du métro de Montréal a chuté de 367 000 personnes. Ce secteur a ensuite connu une remontée, avec un gain de 72 000 habitants entre 1991 et 2016, notamment grâce à la création de quartiers denses comme Griffintown.

«Les gens veulent vivre en densité, au centre-ville, au 35e étage d’un édifice, estime l’urbaniste. Ils viennent de découvrir les avantages de l’hypercentralité. Misons là-dessus et soyons plus rigoureux dans les prochaines années pour mieux orienter le développement urbain durable de Montréal.»

Pour y parvenir, il suggère notamment de revoir le déséquilibre entre les obligations financières des municipalités de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) et de celles qui n’ont font pas partie. Comme ces dernières peuvent se permettre de moins taxer leurs citoyens, elles entraînent des travailleurs montréalais loin de la métropole.

«La CMM se rend jusqu’à Saint-Jérôme, à 48 km du centre-ville. À Toronto, la ceinture verte qui entoure la ville est à environ 30 km du centre, il n’y a pas de niaisage, le développement s’arrête là», a résumé M. Bergeron.

Questionné au passage sur la première année au pouvoir de Projet Montréal et sur son emploi du temps actuel, M. Bergeron a préféré ne pas répondre.

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