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Un règlement suscite la grogne des commerçants montréalais

Yves Poirier | TVA Nouvelles

Les commerçants de Montréal qui se plaignaient déjà de crouler sous les taxes doivent maintenant respecter une nouvelle réglementation sur l’affichage. Ils s’en prennent cette fois à l’arrondissement de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, qui est en train de faire un ménage dans l’affichage qu’on retrouve en vitrine. C’est à coût de plusieurs centaines de dollars qu’on leur demande ces jours-ci de se conformer.

La nouvelle réglementation qui s'applique pour les enseignes dans le secteur de la Promenade Ontario, Promenade Sainte-Catherine et Place Simon-Valois a été adoptée en avril 2018 et est en vigueur depuis le 4 juin dernier. Ce secteur fait l'objet d'un Plan d'implantation et d'intégration architecturale, indique l’arrondissement.

Les commerçants doivent demander un certificat d'autorisation d'affichage et se conformer aux normes. Éric Milot du commerce Lunetterie Milot, situé rue Ontario Est, estime que les commerçants sont déjà surtaxés.

«Aujourd’hui, j’ai appris qu’on va devoir faire une demande de permis qui va nous coûter 220$ pour étudier le dossier en lien avec l’affichage qui est dans ma vitrine. Déjà, on paye plusieurs dizaines de milliers de dollars chaque année en taxes ainsi qu’en contribution à la SDC pour dynamiser l’artère, maintenant, on doit payer un montant supplémentaire sur l’affichage en vitrine. Comme commerçant, je trouve que la Ville en aucun cas ne vient nous aider», déplore M. Milot.

Enseigne «dangereuse»

Pour sa part, Élise Bellerose, du restaurant Antidote bouffe végane, s’est fait dire que l’enseigne extérieure devant la porte de son commerce sur laquelle on peut lire: «Icitte, c’est végane, et c’est bon» est dangereuse.

«Je n’ai pas le droit d’avoir une enseigne à l’extérieur. Ils veulent que je la mette à l’intérieur de mon commerce. Les autocollants sur ma porte, eux, sont interdits. Ces autocollants et autres enseignes indiquent notamment aux passants que notre commerce a passé à la télé. Cela attire l’attention et attire les clients. Le nouveau règlement de l’arrondissement, c’est comme si on ne voulait pas qu’on ait de clients.»

Pour sa part, l’Arrondissement affirme que les nouvelles modalités de la réglementation ont été adoptées de concert avec la Société de développement commercial Hochelaga-Maisonneuve, afin de s'assurer d'une harmonisation dans ce secteur.

On ajoute qu’une aide financière est disponible pour l'installation et la modification d'enseignes et d'auvents dans le cadre du programme PRAM qui s'adresse aux commerçants des rues Ontario et Sainte-Catherine. Le programme peut couvrir jusqu'à 50% des honoraires professionnels en design d'aménagement et 33% du coût des travaux en rénovation.