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Agression sexuelle

Agressions sexuelles: les dénonciations bondissent de 61 % après #MoiAussi

Christopher Nardi | Journal de Québec

Le nombre de plaintes pour agressions sexuelles a bondi de 61 % à travers le Québec dans les mois qui ont suivi le mouvement #MeToo, soit la plus importante hausse à travers le pays.

Les effets du phénomène de dénonciation baptisé #MoiAussi en français se sont donc fait sentir bien au-delà de son bercail aux États-Unis, révèlent de nouvelles données publiées jeudi par Statistique Canada.

Dans les trois mois suivant le début du mouvement en octobre 2017, le nombre moyen de victimes d'agression sexuelle déclarée par la police par jour est passé de 59 à 74, révèle l’agence fédérale. Un bond de pas moins de 25 % en l’espace d’à peine 90 jours.

Le taux d’agressions sexuelles par 100 000 habitants au Canada, une mesure généralement utilisée dans les milieux policiers et statistiques pour jauger de la prévalence d’un crime, est pour sa part passé de 15 (moyenne entre janvier 2016 et septembre 2017) à 18,6 (moyenne entre octobre et décembre 2017).

«Cette hausse marquée du nombre d'agressions sexuelles déclarées par la police à la suite du mouvement #MoiAussi ne reflète pas nécessairement une augmentation de la prévalence des agressions sexuelles au Canada. Au contraire, la hausse est probablement attribuable à une combinaison de facteurs, y compris le fait que les victimes étaient davantage disposées à signaler un incident à la police à la suite de l'émergence du mouvement», expliquent les auteurs Cristine Rotenberg et Adam Cotter.

Rappelons que pendant cette période, plusieurs femmes sont sorties de l’ombre pour dénoncer de présumées agressions sexuelles commises par des personnalités québécoises, dont Gilbert Rozon, Michel Brûlé et Éric Salvail.

Vague au Québec

Mais c’est au Québec et dans les grandes villes de la province que la vague de dénonciations associées à #MoiAussi était particulièrement présente.

Le taux d’agressions sexuelles dénoncées aux policiers a bondi de pas moins de 61 % dans les trois mois suivant le début du mouvement.

Autre fait à noter: quatre des cinq régions métropolitaines canadiennes où il y a eu la plus grande hausse des dénonciations sont au Québec, soit Québec (+78 %), Sherbrooke (+76 %), Saguenay (+69 %) et Montréal (+67 %).

«En octobre 2017, le Service de police de la Ville de Montréal a mis en place et publicisé une ligne d'aide spécialisée pour le signalement des agressions sexuelles. Parallèlement, d'autres services de police du Québec ont également encouragé les victimes à se manifester, ce qui a peut-être été à l'origine de la forte augmentation du nombre de victimes enregistré au Québec», analysent Mme Rotenberg et M. Cotter.

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