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Lac-au-Saumon

Déception après la fermeture d'un couvent

Vanessa Limoges | TVA Nouvelles

Une page d'histoire se tourne dans une petite municipalité de la vallée de La Matapédia. Des religieuses de Lac-au-Saumon doivent se départir du couvent où elles ont passé, dans certains cas, la quasi-totalité de leur vie adulte.

«Devoir quitter cette belle grande maison, où il y a eu tellement de belles vies consacrées ça peut apporter des larmes dans nos yeux plus qu'un sourire, mais je ne veux pas perdre mon sourire», a lancé soeur Jeannine Chouinard, qui vit dans ce couvent depuis 30 ans.

La maison-mère des Servantes de Notre-Dame, Reine du clergé est installée à Lac-au-Saumon depuis bientôt 90 ans, mais conserver cet imposant bâtiment, d'une valeur de 4 millions $, est devenu impossible avec le temps.

«On aurait aimé rester, mais au prix que ça représente comme dépenses, ce n'est plus raisonnable», a indiqué l'économe générale du couvent, soeur Chantal Blouin.

Le couvent peut accueillir jusqu'à 200 résidents, mais il ne compte plus qu'une cinquantaine de locataires. Trente-quatre sœurs y vivent toujours et 17 aînées y sont hébergées.

Le bâtiment a récemment été mis en vente.

Des impacts dans la communauté

Soixante employés travaillent à la maison-mère des Servantes de Notre-Dame, Reine du clergé, ce qui fait de ce couvent l'un des employeurs les plus importants de la petite municipalité de 1500 habitants.

«Soixante emplois dans notre région, c'est comme 5000 à Montréal», a indiqué le maire de Lac-au-Saumon, Gérard Grenier.

«Il y aura une décision éventuelle si on peut arriver à vendre à un promoteur ou faire une entente de quelque sorte. C'est quand même notre espérance que l'on n'ait pas à démolir le bâtiment», a souligné soeur Chantal Blouin.

De fidèles employés

C'est à Rimouski, dans un lieu qui est encore inconnu, que les sœurs vont déménager. L'objectif est de rapprocher les sœurs, qui ont en moyenne 85 ans, des services et des différents spécialistes.

Plusieurs employés espèrent pouvoir suivre les sœurs afin de continuer à leur prodiguer les meilleurs soins.

«Si jamais il y avait de l'ouvrage avec les sœurs, je resterais là à la semaine, a lancé la cuisinière, Chantal Bélanger, une résidente de Lac-au-Saumon, qui travaille pour les sœurs depuis 18 ans.

«On veut autant que possible suivre les sœurs, mais ça ne sera pas possible pour tout le monde non plus», a précisé soeur Chantal Blouin.

Ce qui est certain c'est que les sœurs, elles, vont vieillir ensemble.

«Notre supérieur général nous l'a promis, on va partir ensemble, on va vivre ensemble», a souligné soeur Jeannine Chouinard.