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Tueur en Californie

Le stress post-traumatique, blessure invisible de nombreux vétérans

Agence France-Presse

L'auteur présumé de la fusillade de Californie est un ancien soldat de 28 ans déployé en Afghanistan qui aurait pu souffrir du syndrome de stress post-traumatique (PTSD), un mal invisible qui atteint de nombreux anciens militaires.

Plusieurs millions d'anciens militaires souffrent de ce trouble psychologique qui apparaît chez des soldats confrontés à un événement particulièrement traumatisant.

Après la Première Guerre mondiale, les médecins avaient qualifié d'«obusite» («shell-shock» en anglais) les traumatismes psychiques et physiques fréquents chez les soldats des tranchées exposés à l'onde de choc des explosions.

Aux États-Unis, les troubles mentaux des soldats rentrés du front avaient été révélés en avril 2014 lorsque Ivan Lopez, qui avait été déployé en Irak, avait abattu trois personnes à Fort Hood (Texas) avant de se suicider.

Les symptômes vont de l'insomnie à la dépression en passant par des crises de panique, des épisodes d'automutilation, des manifestations d'irritabilité ou des violences.

En 2015, un rapport avait estimé qu'au moins 10% des condamnés à la peine capitale aux États-Unis étaient des anciens combattants traumatisés par la guerre et reconnus coupables d'un meurtre une fois démobilisés.

Selon le ministère des Anciens combattants, jusqu'à 20% des soldats déployés en Irak et en Afghanistan souffrent de PTSD et 30% des anciens du Vietnam ont eu des problèmes psychologiques.

Le PTSD est causé par une multitude de facteurs comme la vision, en tant que victime ou auteur, des horreurs de la guerre, ou l'état d'alerte constant lors du déploiement, notamment en Irak où les convois étaient perpétuellement à la recherche de bombes artisanales cachées au bord des routes.

Ce stress est parfois difficile à calmer après que le soldat a quitté la zone de combat.

Les traitements du PTSD varient, mais sont généralement à base d'antidépresseurs. Depuis 2006, la psychothérapie est privilégiée par le VA, notamment la thérapie de groupe, ou la thérapie cognitive dans laquelle le patient tente de découvrir la cause de son traumatisme et de le traiter. Une autre méthode constitue à tenter de désensibiliser le patient face à l'événement traumatique. Des associations ont aussi mis en place une «thérapie canine», le lien entre le chien et son maître permettant de diminuer le niveau des hormones du stress tout en augmentant celles liées au plaisir.

Paula Schnurr, responsable du centre national des vétérans pour les PTSD, affirme que les traitements se sont améliorés dans la dernière décennie et que le traumatisme est guérissable dans de nombreux cas.

La reconnaissance de la maladie par les autorités militaires a aussi permis de faire des progrès dans les traitements. Alors que beaucoup de soldats mobilisés lors des conflits du 20e siècle ont gardé leurs traumatismes secrets, la hiérarchie militaire les encourage désormais à détecter les signes de PTSD et à en parler.

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