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Pertes d'emplois

Ottawa va «tout faire» pour aider les travailleurs de Bombardier

Agence QMI 

Les partis d'opposition fédéraux ne se sont pas gênés pour attaquer le gouvernement libéral dans la foulée des mises à pied chez Bombardier, lui reprochant son manque d'action pour sauver les emplois.

«Jusqu'à quand le gouvernement va continuer d'engraisser ces dirigeants au lieu de se tenir debout pour les travailleurs et les travailleuses», a lancé en Chambre le député néo-démocrate Guy Caron. Il faisait référence aux fonds publics prêtés à Bombardier, ainsi qu'aux millions de dollars en hausses salariales que ses dirigeants ont touchés en 2017.

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L'annonce, tôt jeudi matin, par Bombardier qu'elle abolira 5000 emplois, dont 2500 au Québec et 500 en Ontario au cours des 18 prochains mois, a fait couler beaucoup d'encre sur la colline parlementaire. Tant les conservateurs que les néo-démocrates ont commencé leurs interventions à la période de questions avec ce sujet.

Déplorable

«Est-ce que le premier ministre pourrait nous dire pourquoi, lorsqu'il a décidé de prendre l'argent des contribuables et de le prêter à Bombardier, il n'a pas attaché avec cela, une garantie [pour des emplois]», a demandé le député conservateur Gérard Deltell.

Notons que la dernière contribution remboursable que Bombardier a reçue d'Ottawa était de 372 millions $ et obligeait bel et bien la compagnie à maintenir, voire à créer des emplois, mais dans le cadre de programmes bien particuliers. Bombardier aurait ainsi respecté ses engagements en ce sens, malgré la restructuration.

N'empêche que «Bombardier reçoit beaucoup d'aide des gouvernements, donc la moindre des choses ça serait qu'ils se conduisent en citoyens corporatifs de façon un peu plus responsable, puis de pas prendre ses travailleuses, travailleurs pour de la simple marchandise», a fait valoir le bloquiste Gabriel Ste-Marie.

«C'est déplorable, a dénoncé le député de Joliette. Il y a une incertitude, un malaise terrible chez les travailleuses, travailleurs à l'heure actuelle. Ils ne savent pas qui va se faire couper. On est à la veille des Fêtes. C'est une façon de faire tout à fait déplorable.»

Du côté du gouvernement, on a aussi regretté les mises à pied.

«Je suis très déçu. C’est une mauvaise nouvelle. Notre gouvernement comprend l’importance du secteur aérospatial. C’est pourquoi nous avons investi dans le secteur et nous allons continuer de travailler fort pour les travailleurs», a réagi Navdeep Bains, ministre de l'Innovation, des Sciences et du Développement économique.

«Tout faire pour aider»

Le gouvernement libéral a assuré vouloir «tout faire» pour aider les travailleurs de Bombardier.

«Notre gouvernement s'engage à assurer la viabilité et le succès à long terme du secteur canadien de l'aérospatial. Nous travaillerons avec notre industrie aérospatiale pour améliorer l'accès aux marchés mondiaux et aux chaînes d'approvisionnement de l'une des industries les plus innovatrices et les plus axées sur l'exportation au pays», a indiqué le premier ministre Justin Trudeau, aux Communes, se disant «préoccupé» par les mises à pied.

«On va tout faire. C'est certain que quand on a un grand pôle comme celui-là, on espère que ces gens-là pourront trouver des emplois dans ce secteur-là, a dit pour sa part le ministre des Infrastructures et des Collectivités, François-Philippe Champagne. On va continuer de voir avec nos homologues de Québec ce qu'on peut faire pour les travailleurs et les travailleuses. C'est vraiment la préoccupation, l'enjeu de ce matin, c'est de voir comment on peut faire.»

«Mais, c'est clair qu'une nouvelle comme ça juste avant Noël pour 2500 familles qui vont être touchées, c'est une nouvelle qu'on prend très au sérieux. C'est pour ça que ce matin avec nos homologues de Québec, on va voir ce qu'on peut faire», a-t-il poursuivi.

Quant à savoir ce qui pourrait concrètement être fait, le ministre n'a pas voulu s'avancer, mais il a réitéré l'importance qu'a cette industrie aux yeux du fédéral.

«Vous savez, nous, on a investi dans cette industrie-là. On sait que l'industrie aérospatiale au Canada, c'est une industrie importante. On parle de plus de 200 000 travailleurs et travailleuses, 3000 PME, dont une grande partie au Québec. Le 3e pôle de l'aéronautique mondial est chez nous. Après Seattle et Toulouse, c'est Montréal», a indiqué M. Champagne.

Quant aux chances des travailleurs licenciés de se trouver un autre emploi dans le même secteur, M. Champagne a espoir. «On sait que Montréal, c'est un grand pôle, on a Bell Helicopter, on a CAE, on a Pratt & Whitney, donc on a réussi à créer cette grappe industrielle là qui permet un peu de mobilité.»

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