/news/culture

En juin prochain

Brière, Drainville et Guérin reprennent la pièce «Broue»

Marie-Josée R. Roy | Agence QMI

Joël Lemay / Agence QMI

La mythique pièce «Broue» s’apprête à revivre sous une «nouvelle administration» composée de Benoît Brière, Martin Drainville et Luc Guérin.

Les trois acteurs proposeront leur relecture du classique des planches québécoises à compter de juin 2019, au Théâtre du Vieux-Terrebonne, puis à Québec et Gatineau l’automne prochain, dans une version à peine retouchée.

«Ce sont les trois meilleurs en ville, d’après moi, pour jouer ça», a lancé Marc Messier en conférence de presse, vendredi matin.

Tous les artistes impliqués dans la création de la comédie-culte étaient réunis dans un lieu on ne peut plus évocateur compte tenu du sujet, la Taverne Le Cheval Blanc, rue Ontario, pour cette annonce.

Le trio-pilier de «Broue» - Michel Côté, Marc Messier et Marcel Gauthier - ainsi que les auteurs Jean-Pierre Plante, Claude Meunier, Francine Ruel et Louis Saïa, entouraient fièrement les trois «recrues» Brière, Drainville et Guérin. Ils leur ont transmis le flambeau à grands coups de tapes dans le dos et d’accolades, dans une ambiance de franche rigolade.

«Il n’y a pas un acteur au Québec, qui a tâté un tant soit peu de la comédie, qui n’a pas rêvé d’avoir son ¨Broue¨, s’est emballé Benoît Brière. Puis, les années passent, et tu te dis que tu aimerais avoir ¨Broue¨ tout court!»

Nombreux prétendants

Les nouveaux interprètes, qui produisent le projet avec leur compagnie Ménage à trois -laquelle s’active principalement au Théâtre du Vieux-Terrebonne -, se sont apparemment manifestés rapidement lorsque Côté, Messier et Gauthier ont annoncé qu’ils cesseraient de jouer «Broue», au printemps 2017. De façon «respectueuse et timide», a tenu à spécifier Benoît Brière.«Depuis des années, on achète les droits de textes américains, français, britanniques. Le défi, c’est de trouver des pièces où il y a des rôles avec de la viande pour les trois. Quand tu as une structure comme ¨Broue¨, avec un cumul de personnages, nous, on est aux oiseaux», a exposé Luc Guérin.

Tout le milieu théâtral était au courant que la troupe de «Broue» céderait les droits de la production pour que celle-ci soit éventuellement reprise, et semble-t-il que les intéressés à ressusciter l’oeuvre étaient nombreux.

Le choix de la bande originale s’est porté sur Brière, Drainville et Guérin en raison du jeu comique des trois comparses et de l’amitié inconditionnelle qui les unit.

«Pour jouer ¨Broue¨, ça prend un sens de la comédie et une bonne entente entre les trois, ce qu’ils ont parce que ça fait longtemps qu’ils travaillent ensemble, a souligné Marc Messier. C’était aussi le cas pour nous trois. Nous avions déjà beaucoup collaboré avant ¨Broue¨. C’est du gâteau pour eux; je suis sûr qu’ils vont très bien le faire.»

Avec soin

Les saynètes de «Broue», campées dans le Québec pré-référendaire, à la veille de l’entrée des femmes dans les tavernes, seront très peu modifiées, question de ne pas dénaturer l’opus, ont indiqué les comédiens de la nouvelle mouture.

Martin Drainville a simplement mentionné que de nouveaux extraits sonores, musiques ou publicités seraient possiblement intégrés à la mise en scène.

«Pour nous, c’est un polaroid plein d’actualité et de résonance, encore aujourd’hui, et c’est ce qu’on veut mettre de l’avant. Mais je ne pense pas qu’on va le faire pendant 40 ans...», a signalé ce dernier.

Nos hommes ignorent encore lesquels d’entre eux incarneront les Bob, Pointu, Verrue, Travolta et autres protagonistes légendaires de «Broue», qui sont au nombre de 18 dans l’histoire. Les répétitions commenceront cette fin de semaine.

«On veut prendre beaucoup de temps pour faire ça. C’est un objet qu’on veut traiter avec beaucoup de soin», s’est engagé Luc Guérin.

Inspiration réelle

De son côté, Claude Meunier a raconté, vendredi, que ses acolytes auteurs et lui-même ont réellement croisé tous les personnages qui peuplent le petit univers de «Broue», dans une taverne au coin de l’avenue du Parc et de la rue Saint-Viateur, où Louis Saïa et lui passaient jadis beaucoup de bon temps.

«On les a modifiés pas mal, mais ça nous parlait beaucoup», a a-t-il relevé.

«Broue» tiendra l’affiche du Théâtre du Vieux-Terrebonne du 6 juin au 17 août 2019, avant de se déplacer à la Salle Albert-Rousseau, à Québec, les 20 et 21 septembre, et à la Salle Odyssée, à Gatineau, les 18 et 19 octobre. Billets et informations au www.broue.ca.

Ce qu’ils ont dit...

«Le succès de ¨Broue¨ repose sur l’écriture, les textes, la mise en scène, l’interprétation. C’est une conjonction d’éléments disparates qui ont fini par donner un tout. C’était une galerie de personnages typiquement québécois, et universels en même temps.» - Jean-Pierre Plante

«À l’époque, la taverne était un lieu un peu sacré. C’était le lieu de la confession des hommes, l’endroit où on allait partager nos confidences, voir notre ¨chum¨ psychiatre en boisson (rires), et lui confier tous nos problèmes.» - Louis Saïa

«Je pense que ¨Broue¨ ne vieillira jamais parce que ça se situe à une époque, comme les pièces de Molière. ¨Broue¨, c’est un drame qu’on a regardé avec une loupe humoristique. Les personnages ne vivent pas le bonheur. Ils sont tristes et s’arrangent pour ne pas que ça paraisse, ils se mentent à eux-mêmes. La taverne est le seul endroit où ils deviennent vraiment quelqu’un, parce qu’au travail, ils sont souvent un peu sous-considérés. Ils disent que c’est eux qui portent les culottes à la maison, mais ce n’est pas vrai. Ils sont lésés.» - Michel Côté

«Broue» en chiffres

Première représentation le mercredi 21 mars 1979

Vue par 3 394 195 spectateurs

4000 représentations, dont 3322 avec la même équipe

39 ans d’existence sans intervalle

Dans la même catégorie