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Bas-Saint-Laurent

Des producteurs agricoles en détresse

Vanessa Limoges | TVA Nouvelles

Les agriculteurs ont souvent fait les manchettes dans les derniers mois: sécheresse, récoltes difficiles et gestion de l'offre; les facteurs de stress ont été nombreux pour nos producteurs. Tellement, que la détresse psychologique s'est installée dans certaines fermes, alors que les ressources pour leur venir en aide, elles, se font encore trop rares.

«L'ensemble de mes producteurs n’ont pas le moral haut», a indiqué le président de l'UPA du Bas-Saint-Laurent, Gilbert Marquis.

Dans le Bas-Saint-Laurent, les producteurs sont de plus en plus préoccupés par la santé psychologique des agriculteurs.

Du manque de main-d'œuvre, en passant par les conséquences pour les producteurs laitiers du récent Accord États-Unis-Mexique-Canada, les facteurs de stress ont été nombreux récemment.

«Les deux années problématiques qu'on a eu au Bas-Saint-Laurent avec la sécheresse, il y a de la tension, de la préoccupation, de l'inquiétude», a ajouté M. Marquis.

«Il y a certaines entreprises où le besoin est criant et d'autres où ça se passe très bien», a nuancé l'agronome et conseillère dans plusieurs fermes du Bas-Saint-Laurent Élisabeth Carbonneau.

«Souvent, les producteurs ils n'ont pas nécessairement le temps de se rendre voir les personnes ressources, il faut qu'il y ait des personnes qui se promènent de ferme en ferme pour déceler cette détresse psychologique là chez les producteurs», a-t-elle précisé.

C'est précisément ce que font les travailleurs de rang. Au Québec, on en compte maintenant sept. Une seule intervenante dessert le Bas-Saint-Laurent.

«Je suis là pour la détresse psychologique, je suis là quand ça va bien, je suis là quand ça va mal», a souligné la travailleuse de rang Marie-Pier Boissonneault.

Marie-Pier Boissonneault a pour mandat d'épauler les agriculteurs de la MRC de la Matapédia.

«Souvent, on sauve des vies quand on se fait dire «merci d'être là, je ne sais pas où je serais sinon»», a raconté Mme Boissonneault.

Malgré la forte demande, son avenir n'est toutefois pas assuré.

«Je sais que je suis là au moins jusqu'en décembre 2019, ensuite ça va dépendre du financement et des sous qu'on peut aller chercher», a conclu Mme Boissonneault.

«Pourquoi ne pas réagir avant qu'il arrive de quoi», a insisté M. Marquis.

À sa plus récente assemblée générale, l'Union des producteurs agricoles du Bas-Saint-Laurent a indiqué qu'elle désirait que le gouvernement débloque des fonds pour la santé psychologique de ses agriculteurs puisque le besoin est bien réel.