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Plusieurs projets

Julien Lacroix va bien

Marika Simard - Agence QMI

ART-JULIEN LACROIX

Sébastien St-Jean / Agence QMI

À mille lieues de son personnage de scène, qui se veut niais à souhait, l’humoriste Julien Lacroix use d’une grande vivacité d’esprit pour parvenir à ses fins. Encore faut-il qu’elle existe, la fin.

Il n’y a pas assez d’heures dans une journée ni assez d’années dans une vie pour abattre tout le travail qu’il y a à faire, selon le jeune homme. Celui qui se décrit comme un bourreau de travail aurait eu tendance à remplacer le mot travail par réalisations, s’il avait eu à écrire lui-même ces lignes.

Comment vas-tu, Julien? «Ça va bien, ça va vite. Il y a tant de projets que j’aimerais faire pour la courte vie qu’on a», a dit l’humoriste, qui n’a que 25 ans, en entrevue.

«Je me suis tellement investi pour arriver où je suis aujourd’hui, et maintenant que ça va bien, je veux tout faire. J’ai plein d’idées de séries, de films et de numéros d’humour que je veux réaliser.»

Persévérance

Construite à la dure, à travers un parcours des plus sinueux, la carrière de l’humoriste ne s’est pas révélée en un jour. Après avoir essuyé de multiples refus, dont celui de l’École nationale de l’humour, il s’est tourné vers le web pour bâtir, pierre par pierre, le succès qu’il connaît aujourd’hui.

Il a produit des capsules vidéo le mettant en vedette dans son personnage de stand-up, un éternel maladroit à l’humour un peu grinçant. On l’a vu se réaliser aux côtés de grandes pointures, dont Martin Matte, Véronique Cloutier et Mike Ward, pour ne nommer qu’eux. C’est en décembre 2017, au Gala Les Olivier, qu’il a été dévoilé au grand jour en raflant trois prix, dont celui du numéro de l’année pour «Lettre à mon ex», un prix dont il est particulièrement fier.

Depuis un bon moment, il trimballe – et teste – du nouveau matériel sur les planches d’à peu près tous les cabarets du Québec. Dans certains numéros, il a brillé, alors que dans d’autres, il s’est planté. Il raconte qu’il s’est entêté à jouer 45 soirs d’affiler un numéro chanté devant un public qui ne bronchait pas. «Je voulais prouver aux gens que j’avais raison de garder le numéro. Tu sais quoi? J’ai fini par réussir à trouver une façon de le jouer et pour faire rire le public», a dit Julien Lacroix. Un peu comme tout le reste, la persévérance lui va à ravir.

Maintenant que tout va bien, il a le pied bien enfoncé sur l’accélérateur. Au tournant de 2019, il présentera son premier spectacle solo un peu partout au Québec. De son propre aveu, il s’agit du projet le plus difficile qu’il a mené. Peut-être pour tester jusqu’où il peut aller avec cette tournée, il s’est amusé à l’appelé «Jusqu’ici tout va bien».
«C’est tellement risqué comme titre, a-t-il dit sans retenue. Imagine que le lendemain de la première, les titres des journaux annoncent «Jusqu’ici tout ne va pas si bien»», a-t-il dit en riant.

«Parce que c’est un peu ça l’idée, autant avec ma carrière qu’avec mon personnage de scène, tu ne sais jamais à quel moment ça va prendre une autre tournure ou que ça n’ira plus bien.»

Mon ami Alkhalidey

Peut-être pour se rassurer que tout ira bien encore longtemps, il mène de front plusieurs projets. Avec son complice de tous les instants, l’humoriste Adib Alkhalidey, il a créé de toutes pièces un film, «Mon ami Walid», dans lequel les deux amis tiennent la vedette.

«Les refus que j’ai connus dans le passé ne sont pas derrière moi, ils font plutôt partie de moi. Ils m’ont permis d’évoluer. Par exemple, si on avait proposé le film à une institution, je serais sûrement fâché en ce moment parce qu’on serait encore dans l’attente de financement et qu’on n’aurait pas écrit le scénario», a-t-il raconté.

Le tandem n’a pas attendu. D’un commun accord, il a choisi d’autofinancer le projet, plutôt que de s’en remettre à une institution. Une décision naturelle et évidente, un peu comme l’est leur amitié. «En huit ans de carrière, c’est la relation la plus simple que j’ai eue. Quand on fait de bons coups, on est contents ensemble et quand on fait de mauvais coups, on s’écoute avec bienveillance et sans jugement», a dit Adib Alkhalidey.

Complémentaires dans tout, ils se sont impliqués tout au long du processus de création, de l’écriture jusqu’au montage. Si le premier s’est épanoui dans le rôle de comédien, Abid Alkhalidey s’est, quant à lui, relevé en tant que réalisateur.

«C’est un métier qui rassemble toutes les joies de la vie. Je suis un grand «fan» de cinéma, de télévision et quand tu réalises, tu es le premier spectateur. L’enfant en moi était bien heureux», a dit le principal intéressé.

Les deux acolytes ont déjà à leur agenda des dates pour écrire le scénario de leur prochain film, mais d’ici là, ils vont se promener de salle en salle pour présenter «Mon ami Walid».

«Mon ami Walid»

Résumé: Walid tente de s’enlever la vie dans l’épicerie où il travaille, mais Antonin s’interpose de justesse. Que ça lui chante ou pas, ce dernier lui fait la promesse de l’accompagner, tout le temps et partout, jusqu’à ce que le moral de son nouvel ami soit rétabli. Si, dans la vie, on ne choisit pas ses détresses, choisit-on ses amis?

Concept: Julien Lacroix et Adib Alkhalidey présenteront leur film tout l’hiver sous forme de tournée, dans différentes salles de spectacle, un peu partout au Québec. Ils seront sur place pour chacune des représentations afin de discuter avec le public.

Distribution : Adib Alkhalidey (Walid), Julien Lacroix (Antonin), Christian Bégin, Mehdi Bousaidan, Sophie Cadieux, Gabriel D’Almeida-Freitas, Yannick De Martino, Guy Jodoin, Debbie Lynch-White, Dominic Paquet, Laurent Paquin, Martin Perizzolo, Antoine Pilon, Jean-François Provençal, Hubert Proulx et Isabel Richer.

Rentrée montréalaise: 15 janvier 2019 au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts.

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