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Meurtre de Guylaine Potvin en avril 2000

L’un des premiers policiers sur place raconte

TVA Nouvelles

Au lendemain de la diffusion de l’émission «J.E.» sur le meurtre de Guylaine Potvin pour lequel le responsable n’a jamais été arrêté, l’un des premiers policiers à être arrivé sur la scène du crime raconte comment il a vécu cette journée.

En entrevue au Québec matin sur les ondes de LCN, Jean-François Gauthier est revenu sur les événements du 28 avril 2000, à Saguenay,  alors que lui et son partenaire étaient loin de s’attendre à assister à une telle scène.

«C’est certain que c’est un événement qu’on n’oublie pas. Ce matin-là, j’étais sur la patrouille avec un de mes confrères et puis on a reçu un appel pour se rendre sur la rue Panet. À l’origine, c’était un appel d’assistance aux ambulanciers. On avait comme information une personne étouffée, bleue. Quand on est entrés, on a rapidement constaté à quoi on avait affaire. C’était d’un tout autre ordre que l’appel initial», explique celui qui était patrouilleur depuis 17 ans au moment du crime.

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«Pour ce qui est de la victime, malheureusement, on ne pouvait plus rien faire. L’étape qui suivait, c’était de protéger correctement la scène de crime pour éventuellement recueillir des indices.»

M. Gauthier et son partenaire de patrouille se sont par la suite mis à la recherche de la mère de Guylaine Potvin pour éviter que la femme ne se présente sur place avant d’avoir appris la nouvelle.

«On a appris que la dame devait venir chercher sa fille vers 16h. Pour nous, il n’était pas question qu’elle puisse arriver sur les lieux et que les techniciens soient encore sur place, donc on a fait des pieds et des mains pour pouvoir la rencontrer. On est allés jusqu’au centre commercial à Chicoutimi, on a localisé le véhicule et on a attendu que la dame arrive», raconte l’ex-policier.

C’est à cet endroit que les agents ont appris à Jeannine Caouette que sa fille avait été retrouvée sans vie dans son appartement.

«C’est ce qu’il y a de pire. C’est une tâche qui est très difficile tout dépendant de l’implication qu’on a dans le dossier. Dans ce cas-ci, on avait été témoin de la scène, on avait pu s’imaginer l’horreur qui avait pu arriver. On aurait pu se retirer du dossier et laisser la tâche à d’autres, mais mon confrère et moi on a jugé important que ce soit nous qui rencontrions la mère.»

Malgré les années qui ont passé et son départ à la retraite, Jean-François Gauthier est toujours resté informé du dossier du meurtre de Guylaine Potvin.

«Quand on vit des choses comme ça, on reste malgré nous imprégnés d’une certaine partie de la douleur que la famille peut avoir. [...] C’est un événement qui sort de l’ordinaire, ce n’est pas quelque chose qui s’oublie facilement», affirme-t-il.

Jean-François Gauthier lance finalement un appel à celui ou celle qui détient l’information qui pourrait permettre aux enquêteurs de résoudre ce meurtre et, par le fait même, l’autre agression commise par le même suspect deux mois plus tard à Québec.

«Je suis convaincu dans mon fort intérieur qu’il y a une possibilité que quelqu’un qui nous écoute puisse avoir la réponse. C’est comme un casse-tête dans lequel il nous manque un seul morceau et il y a quelqu’un, quelque part, qui a ce morceau-là. Il y a quelqu’un qui le sait. Je voudrais que cette personne-là prenne son courage à deux mains, qu’elle fasse bonne conscience et qu’elle dise ce qu’elle a à dire», conclut le policier à la retraite.

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