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Hydro-Québec

Michael Penner a tenté d’avoir la tête du PDG avant de partir

Alexandre Robillard | Bureau d'enquête

Le président du conseil d’administration d’Hydro-Québec, Michael Penner, a été invité à réagir sur le dossier du parc éolien Apuiat, le lundi 13 août 2018.
CAPTURE D'ÉCRAN/TVA NOUVELLES/AGENCE QMI

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Le président du conseil d’administration d’Hydro-Québec, Michael Penner, a été invité à réagir sur le dossier du parc éolien Apuiat, le lundi 13 août 2018. CAPTURE D'ÉCRAN/TVA NOUVELLES/AGENCE QMI

L’ex-président du conseil d’administration d’Hydro-Québec, Michael Penner, a tenté d’obtenir la tête du président-directeur général de la société d’État, Éric Martel, a appris notre Bureau d’enquête.

M. Penner, ainsi que la vice-présidente du CA Michelle Cormier ont annoncé lundi leur démission dans une lettre où ils affirmaient que la confiance des administrateurs envers M. Martel «a été ébranlée».

Quelques jours plus tôt, le 2 novembre, M. Penner avait signé une première lettre très critique envers le travail de M. Martel.

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Certains membres du CA souhaitaient ne «pas poursuivre leur engagement à titre d’administrateur si M. Martel demeure en poste», écrivait-il au gouvernement, «au nom des administrateurs indépendants d’Hydro-Québec».

L’ex-président admettait toutefois que cet avis n’était pas unanime. Certains reconnaissaient même de «très grandes compétences» à M. Martel.

M. Penner, dont le mandat venait d’être renouvelé par les libéraux en mai, demandait l’aide du nouveau gouvernement.

«Le rétablissement rapide d’un sain climat de collaboration entre la haute direction de la société et son conseil d’administration est nécessaire», a-t-il écrit au conseil exécutif, le ministère du premier ministre François Legault.

Tensions

Avant le déclenchement de la dernière campagne électorale, M. Martel a provoqué des tensions avec ses prises de position dans le dossier du parc éolien Apuiat, un projet promu ardemment par le précédent gouvernement libéral.

En août, M. Penner lui aurait notamment intimé de se taire après la publication par notre Bureau d’enquête d’une lettre interne où l’on jugeait le projet «difficilement recommandable».

Inconduite et rémunération

Dans la lettre du 2 novembre, M. Penner et les administrateurs indépendants, majoritaires au conseil, ne font toutefois aucune référence à ce dossier.

Ils accusent plutôt M. Martel d’avoir manqué de transparence concernant un cas d’inconduite sexuelle de la part d’un membre de la haute direction. Ils s’inquiètent aussi de pratiques contrevenant à la politique de rémunération incitative d’Hydro-Québec.

«[Ces dossiers] s’ajoutent à d’autres dossiers dont le traitement par le président-directeur général a déçu au cours des derniers mois», écrivent les membres.

Ils mentionnent la gouvernance des fiducies de retraites des hauts dirigeants d’Hydro-Québec, ainsi que la question de la santé et de la sécurité au travail.

«Une plus grande sensibilité de sa part aux enjeux soulevés par ces dossiers aurait sans doute permis d’éviter bien des écueils que nous avons rencontrés», soulignent les membres.

Réactions

Hydro-Québec a affirmé que M. Martel n’accorderait pas d’entrevue sur le sujet.

Le Conseil exécutif a indiqué que ses représentants iront rencontrer les membres du CA en présence de la nouvelle présidente, Jacynthe Côté, nommée mercredi.

Extraits de la lettre

[Le vérificateur interne d’Hydro-Québec] a constaté «des pratiques contrevenant directement à la politique de rémunération incitative de la société et au décret gouvernemental».

«Pour les uns, l’erreur de M. Martel est pardonnable dans le contexte et ses excuses répondent à leurs attentes [...]. Pour les autres, ce constat s’inscrit dans la continuité et ils ne souhaitent pas poursuivre leur engagement à titre d’administrateurs si M. Martel demeure en poste.»

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