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Cryptomonnaies

Le Bitcoin est loin d’être économique

Agence QMI

Le minage des cryptomonnaies, comme le Bitcoin et l’Ether, consommerait quatre fois plus d’énergie que le minage de l’or ou du platine, selon une étude parue cette semaine dans «Nature Sustainability».

L’étude menée par l’Institut pour la Science et l’Éducation Oak Ridge de Cincinnati a comparé le coût énergétique du minage des quatre principales monnaies virtuelles - le Bitcoin, l’Ether, le Litecoin et le Monero - avec l’extraction des métaux précieux.

Miner un dollar de Bitcoin nécessite 19 millions de Joules (MJ), contre 6 MJ pour créer un dollar en valeur de platine ou 5 MJ pour l’or. Seul l’aluminium est pire, avec 110 MJ. À titre de comparaison, faire bouillir 10L d’eau à 100 degrés Celcius nécessite 3,5 MJ.

Les systèmes de cryptomonnaies se fondent sur le minage informatique, une technique qui consiste à faire travailler des ordinateurs pour valider les transactions faites dans l’unité de la cryptomonnaie. En échange, les «mineurs» sont rétribués en devise virtuelle que crée le minage.

Mais qui dit ordinateur, dit consommation énergétique. L’étude a montré du doigt le système de minage qui pousse à la surconsommation. En effet, les mineurs les plus rapides sont ceux disposant des ordinateurs les plus puissants.

Et comme il devient de plus en plus difficile de miner les cryptomonnaies - en raison de leur masse et de leur utilisation grandissante -, il faut sans cesse de nouveaux ordinateurs pour combler la demande.

En 2017, la consommation électrique mondiale des Bitcoins avoisinait le gigawatt (GW) et a explosé durant les six premiers mois de 2018, avec  3,4 GW. À titre indicatif, Hydro-Québec a une capacité de production de 36 GW de puissance.

C’est pourquoi l’industrie des cryptomonnaies se tourne vers les pays nordiques aux énergies renouvelables  et où le climat permet de refroidir les usines à «minage», comme l’Islande ou le Canada.

En 2017, Hydro-Québec a reçu plus de 300 requêtes d’installation de ces usines à minage, qui auraient consommé presque 40% de la puissance énergétique de la province. L’entreprise publique a dû imposer un tarif dissuasif pour fermer la porte à cette industrie.