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Cinéma

«Millénium: ce qui ne me tue pas»: ça aurait pu être pire (et bien meilleur)

Isabelle Hontebeyrie

 - Agence QMI

Le grand retour de Lisbeth Salander (Claire Foy) à l’écran dans «Millénium: ce qui ne me tue pas» n’est pas aussi bon qu’on l’aurait souhaité.

Les amateurs de la saga livresque de Stieg Larsson seront déçus. Car Lisbeth Salander, personnage complexe s’il en est un, a été américanisée jusqu’à en perdre son originalité et, par le fait même, son intérêt. De la même manière, le personnage de Mikael Blomkvist (ici incarné sans éclat par Sverrir Gudnason) est réduit à sa plus simple expression.

Traumatisée par un père abusif, la Lisbeth que l’on découvre dans «Millénium: ce qui ne me tue pas» est transformée en superhéroïne – genre Batgirl – qui se charge de venger les femmes victimes de violences. On la voit ainsi délester de sa fortune un homme qui bat sa femme.

Comme Lisbeth est capable de faire plusieurs choses en même temps et que le long métrage du réalisateur Fede Alvarez – au scénario duquel il a collaboré – ne doit quand même pas trop s’éloigner du personnage original, la jeune femme est aussi une excellente pirate informatique. Elle est ainsi recrutée par Frans Balder (Stephen Merchant), ancien employé de la NSA, qui veut récupérer son programme donnant accès à l’arsenal nucléaire mondial.

Non seulement on se doute bien que Lisbeth y parviendra, mais aussi qu’elle se mettra à dos tous les agents secrets et criminels en manque d’action. Le joker surprise – dont l’existence est amplement dévoilée dans les bandes-annonces –, Camilla (Sylvia Hoeks), sa jumelle, est bien décidée à en découdre. Les ennuis et les méchants ne font donc pas défaut.

Au-delà de cette métamorphose qui fait de Lisbeth une protagoniste superficielle, il faut avouer que les scènes d’action de «Millénium: ce qui ne me tue pas» font mouche. Claire Foy, qui ne parvient jamais à être totalement convaincante, tire néanmoins son épingle du jeu durant les nombreux moments à haute teneur en adrénaline.

De plus, il faut souligner le sens du grandiose de Fede Alvarez qui insuffle une dimension visuelle intéressante à un scénario auquel il manque décidément un peu de profondeur pour combler le cinéphile.

Note: 3 sur 5