/sports/homepage

Commotion cérébrale: entente entre les joueurs et la LNH

Mathieu Boulay | Agence QMI

Après plusieurs mois de médiation, la Ligue nationale de hockey (LNH) en est venue à une entente de principe avec le groupe de 146 anciens joueurs de son circuit qui ont été victimes de commotions cérébrales durant leur carrière lundi.

Selon le pacte, chaque joueur recevra une somme de 22 000 $. Si l’ancien athlète parvient à prouver la gravité des traumatismes qu’il a subis grâce à des tests neuropsychologiques, il pourrait recevoir jusqu’à un maximum de 75 000 $. L’entente globale se chiffrerait à 18,9 millions $.

Le plus important dans ce dénouement n’est pas les montants qui seront déboursés par la LNH aux 146 plaignants. C’est plutôt le fait que le circuit Bettman ne reconnaît aucune responsabilité quant aux allégations des anciens joueurs.

«Les deux parties s’entendent sur le fait que l’accord est juste et constitue une solution raisonnable, est-il mentionné dans un communiqué de la LNH. Il est dans le meilleur intérêt des parties de profiter des bénéfices de l’accord et d’éviter les risques et les coûts liés à de nouvelles procédures judiciaires.»

«Le Journal de Montréal» a tenté d’obtenir des réactions de quelques joueurs qui font partie de la liste des plaignants. L’un d’entre eux a mentionné qu’il attendait de prendre connaissance de l’offre avant de réagir.

Par contre, l’ancien agitateur Daniel Carcillo n’a pas tardé avant de faire connaître son mécontentement. Il a appelé les joueurs à la rejeter.

«N’acceptez pas cet accord, a-t-il écrit sur son compte Twitter. Vous serez forcés de voir les mêmes médecins de la LNH et de l’Association des joueurs qui décideront si vous êtes admissibles pour un traitement.»

Selon le réseau TSN, les joueurs, qui accepteront l’entente, auront trois ans pour subir des tests aux frais de la LNH afin de vérifier s’ils ont aux prises avec des maladies cognitives.

De l’indifférence

Même si cette entente pourrait avoir un impact sur eux dans quelques années, les joueurs actuels de la LNH ont montré une certaine indifférence dans leurs réactions.

«J’ai un peu suivi le processus, a indiqué l’attaquant des Oilers Ryan Strome. Je suis le représentant de cette équipe. Je suis là pour faire suivre leur question, mais je n’en ai eu aucune.»

Il a cependant été surpris d’apprendre que chaque ancien joueur recevrait seulement 22 000 $.

«Pour vrai? Vous savez, il y a tellement de zones grises», a-t-il souligné.

Strome croit que les joueurs d’aujourd’hui sont mieux protégés.

«Lorsque tu subis une blessure, on prend soin de toi rapidement. Notre équipe médicale est la meilleure que j’ai eue dans la LNH. Dans le passé, c’était sans doute différent, a-t-il ajouté.

«Dans tous les sports, on constate l’émergence des commotions cérébrales. Les gens en connaissent plus là-dessus. À mesure qu’on avance, tout le monde veut trouver la bonne solution que ce soit les propriétaires ou les joueurs.»

Rien à voir avec la NFL

Quand on regarde l’entente de la LNH, Gary Bettman et ses propriétaires s’en tireraient à très bon compte si elle était acceptée par leurs 146 anciens joueurs.

On se souvient que la NFL a réglé le même type de dossier en 2013 pour 765 millions $ avec 4500 de ses anciens joueurs, soit une somme moyenne de 170 000 $ par plaignant.

Dans les autres ligues professionnelles, certaines poursuites n’ont pas abouti dans une démarche concrète. Dans la Ligue canadienne de football, Arland Bruce a vu sa poursuite être rejetée par un juge de la Colombie-Britannique.

Puis, en 2015, on a également été témoin de la poursuite civile de 200 millions $ de Korey Banks et d’Eric Allen à l’endroit de LCF. Toutefois, depuis son dépôt, les développements dans ce dossier se font à pas de tortue.

- avec la collaboration de Jonathan Bernier

Dans la même catégorie