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Le PDG de Bombardier brille par son absence

Sylvain Larocque | Journal de Montréal

Le PDG de Bombardier, Alain Bellemare, n’a pas cru bon assister à la rencontre convoquée lundi à Montréal par le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, à la suite de la décision de l’entreprise de supprimer 2500 postes au Québec.

«On a une immense compagnie à gérer, il ne pouvait pas être ici aujourd’hui», a déclaré Olivier Marcil, vice-président aux relations externes, qui a assisté à l’événement au nom de la multinationale.

«Bombardier ne se cache pas, Bombardier est présent aujourd’hui», a-t-il insisté.

Jusqu’ici, M. Bellemare, qui a touché 14M$ l’an dernier, n’a pas expliqué publiquement les licenciements massifs annoncés jeudi dernier. Il n’a abordé le sujet que brièvement lors d’une téléconférence avec les analystes financiers, refusant toutes les demandes d’entrevues avec les médias.

En point de presse, M. Fitzgibbon n’a pas voulu semoncer Alain Bellemare. Il a indiqué lui avoir parlé au téléphone au cours des derniers jours.

«On s’est entendus pour se rencontrer prochainement pour parler de l’industrie, pour éviter des surprises futures», a déclaré le ministre.

«Atténuer complètement l’impact»

Celui-ci a confié que les dirigeants d’entreprises du secteur aéronautique ayant participé à la rencontre ont pris l’«engagement» de faire leur part pour donner du travail aux salariés de Bombardier qui seront licenciés.

«Je suis très confiant [...] qu’on va atténuer complètement l’impact des mises à pied», a-t-il soutenu.

Pierre Fitzgibbon a toutefois reconnu que dans certains cas, «il risque d’y avoir des enjeux de formation». Emploi Québec sera mis à contribution à cet égard.

«On a eu un engagement formel de la part du gouvernement que ce n’est pas un «show de boucane», que ce n’est pas juste aujourd’hui ou à court terme parce qu’il y a un intérêt de la population», a affirmé David Chartrand, coordonnateur québécois de l'Association internationale des machinistes et des travailleurs de l'aérospatiale.

Olivier Marcil a semblé vouloir dédramatiser la vague de licenciements, qui est pourtant la plus importante décrétée par Bombardier au Québec depuis au moins 20 ans.

«Il ne faut pas penser que ça va être un choc brutal où demain matin, il y a 2500 personnes qui se retrouvent sur le trottoir. Ce n’est pas ce qui va se passer», a-t-il affirmé, en notant que certains travailleurs touchés par les compressions quitteront pour la retraite.

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