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Pas de place au hasard pour les funérailles d'État

Pascal Dugas Bourdon | Agence QMI

Les chapelles ardentes et les funérailles de l’ex-premier ministre Bernard Landry donnent lieu à une procédure protocolaire digne des plus grands honneurs. Des agents de la Garde d'honneur de la Sûreté du Québec sont choisis pour participer à ce rituel honorifique, calqué sur le protocole militaire, mais adapté selon les circonstances et les volontés de la famille.

1- Haie d’honneur

La première étape est la mise en place de la haie d’honneur. Cette allée formée de policiers va accueillir la dépouille jusqu’à son entrée dans le lieu de recueillement. La haie est dirigée par un responsable et formée par 10 à 20 policiers. 

Cette haie sera également formée lorsque le cercueil de M. Landry sera transporté à nouveau jusqu’au corbillard, après les funérailles, mardi. Les membres de la haie d’honneur feront alors un salut militaire au moment du passage de la dépouille.

2- Transport de la dépouille

Huit porteurs, assistés d’un chef porteur, transportent à l’intérieur la dépouille de M. Landry à partir du corbillard. L’équipe est accompagnée d’un autre policier qui transporte le coussin sur lequel sont déposées les différentes distinctions qu’a reçues le premier ministre au cours de sa vie.

Ce coussin doit toujours suivre le drapeau qui recouvre le cercueil. 

Le cercueil est transporté à l’épaule, ce qui «demande de l’entraînement et beaucoup de synchronisme», a fait remarquer Jocelyn Descent, l’Officier protocolaire à la SQ.

«Les policiers doivent être entraînés, ils se sont pratiqués la journée d’avant et encore [lundi] matin.»

3- Surveillance par les sentinelles

En chapelle ardente, le corps est surveillé par deux sentinelles, un à la tête et un aux pieds de la dépouille. Ces policiers sont en position debout, la tête légèrement inclinée vers l’avant. 

Les sentinelles restent en place pendant 30 minutes chacun, après quoi ils sont remplacés en suivant une chorégraphie de pas et de saluts, appelée changement de relève. 

«Tu es proche de la famille, tu es proche de l’émotion. Tu tombes dans un monde un peu émotionnel, et c’est pour ça qu’on ne pourrait pas les garder là pendant deux heures en ligne», a expliqué le lieutenant Descent.

4- Remise du drapeau et des distinctions

Mardi, le drapeau sera plié par les policiers selon la procédure protocolaire. Le drapeau sera ensuite remis au premier ministre François Legault, qui l’offrira à la famille du défunt. 

De leur côté, les policiers remettront les distinctions de M. Landry à la famille. Ces distinctions sont l’Ordre du Mérite bavarois (1999), le Grand-Croix de l’Ordre de la Pléiade (2002), le Commandeur de la Légion d'honneur (2004), le titre de Patriote de l’année de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal (2006) et le Grand officier de l’Ordre national du Québec (2008). 

Le cercueil quittera donc la basilique Notre-Dame sans son drapeau ni les médailles. La dépouille va alors faire le chemin inverse vers le corbillard, le cercueil toujours porté à l’épaule par les policiers.

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