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Touchés par les chantiers, les commerçants seront compensés

Sarah Daoust-Braun | Agence QMI

Les commerçants montréalais touchés par les chantiers pourront déposer une demande d’aide financière à la Ville de Montréal à partir de janvier prochain et n’auront pas besoin d’ouvrir leurs livres pour toucher des montants.

«C’est moins coûteux et ça nous facilite la tâche à ce niveau. C’était quand même compliqué et complexe», a réagi Francine Gallant, gérante du Roi du Smoked Meat sur la Plaza Saint-Hubert.

Montréal a présenté mercredi les détails de son programme d’aide financière rétroactif, au 1er janvier 2016, aux commerçants touchés par les chantiers, qui pourront recevoir jusqu’à 30 000 $ par année.

La Ville songeait au départ exiger des états financiers vérifiés et offrir 1000 $ pour aider les commerçants à réaliser cette étape coûteuse. Finalement, les commerçants devront faire la démonstration de la perte qu’ils ont subie en présentant leur déclaration de revenus, leurs états financiers et leurs avis de cotisation.

Le gérant de la librairie Parenthèse, Jonathan Roireau, a aussi apprécié la volonté de la Ville faciliter la tâche pour les commerçants.

«On s’est rendu compte que c’était beaucoup plus compliqué et que ce n’était pas sûr que les entreprises comptables allaient vouloir faire ce type de travail là. On a préféré prendre la voie d’une déclaration solennelle avec les chiffres des entreprises envoyés tels quels et que nous à l’interne nous allons faire les validations», a expliqué le responsable du développement économique Robert Beaudry.

Montréal va octroyer des contrats pour des vérifications comptables et procèdera à des audits tout au long de l’année.

Programme de compensation

Les commerçants pourront déposer une demande à partir de janvier 2019, et la Ville estime qu’elle pourra procéder aux premiers versements dans les deux à trois mois suivants.

«Je trouve que l’enveloppe [de 25 millions $ sur quatre ans] est un peu mince, mais c’est un pas dans la bonne direction parce qu’avant il n’y avait rien», a commenté Jonathan Roireau.

Le tronçon de rue de la rue Saint-Hubert où est situé son commerce est en chantier depuis la fin du mois d’août jusqu’à l’été 2019. Même s’il a amassé un fonds de prévoyance pour y faire face, le chantier affecte «énormément» son commerce, qui aurait essuyé des pertes de 26 % à 50 % depuis le début des travaux.

Jonathan Roireau a assuré qu’il avait l’intention de déposer une demande. «On est un petit commerce, notre chiffre d’affaires se situe de 100 000 $ à 120 000 $, donc 30 000 $, ce serait beaucoup d’argent pour nous», a-t-il indiqué. Pour Francine Gallant, 30 000 $ reste un montant plutôt faible. «On perd de quatre à cinq fois plus. Ce n’est pas un baume sur la blessure.»

Robert Beaudry a reconnu que ce montant pourrait ne pas combler les grosses entreprises, et qu’il fallait voir cette mesure parmi un bouquet de services.

Stéphane Roy, gérant de la boutique de vêtements pour homme Valérie Simon sur Laurier Ouest, s’est aussi montré intéressé par le programme. «Tout ce qu'on peut recevoir, ça va nous aider. Ça nous aiderait aussi à compenser les pertes de petites rénovations qu'on a dû faire en raison des travaux.»

Des artères admissibles au programme

• Saint-Denis

• Jarry Est

• Gouin Ouest

• Notre-Notre Ouest

• Bishop

• Sainte-Catherine

• Saint-Paul

• Laurier Ouest

• Peel

• Saint-Hubert

Le comité exécutif déterminera officiellement par ordonnance au début de l’année 2019 les secteurs admissibles à l’aide financière. Une quinzaine ont été identifiés, et une soixantaine potentiellement jusqu’en 2022.

- avec la collaboration de Camille Dauphinais-Pelletier