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Le maire de Lévis s’attaque à la pénurie de main-d’œuvre

Jean-Luc Lavallée | Journal de Québec

Archives/Agence QMI

Le maire de Lévis demande aux gouvernements d’agir rapidement pour contrer les «effets dramatiques» de la pénurie de main-d’œuvre qui frappe de plein fouet les entreprises sur son territoire.

La crise a des effets insoupçonnés dans Chaudière-Appalaches, où le taux de chômage est au plus bas, à 2,8 %. Lors d’une vaste consultation menée auprès des gens d’affaires de Lévis, Gilles Lehouillier dit avoir appris que plusieurs entreprises n’ont pas eu le choix de «fermer le marché américain» pour se concentrer sur le marché canadien, faute de main-d’œuvre.

«On n’en entend pas parler parce que les entreprises n’osent pas le dire. Elles ne veulent pas que leurs concurrents le sachent et elles ne veulent pas perdre leur nom», a exposé le maire.

Ces entreprises se privent donc de contrats lucratifs, sachant qu’elles seraient incapables de livrer dans les temps requis.

«Ça affecte nos exportations [...] Il y a urgence d’agir. Notre PIB est en train de foutre le camp. Ce n’est pas l’ALENA le problème, en ce moment, c’est qu’on ferme nous-mêmes nos marchés parce qu’on n’a plus de main-d’œuvre. Nous allons sérieusement affecter l’économie de l’ensemble du Québec si on ne prend pas rapidement des moyens correctifs», a-t-il prévenu.

15 pistes de solution

Le comité consultatif sur la main-d’œuvre, présidé par Karine Laflamme, a dévoilé mercredi 15 pistes de solution pour tenter de faciliter le recrutement. Plus de la moitié sont liées à l’immigration. La Ville de Lévis demande notamment à Québec et à Ottawa de mettre sur pied un programme simplifié d’immigration dans les régions où le taux de chômage est inférieur à 4 %.

Le maire a déploré, par exemple, l’obligation de remplir un coûteux formulaire afin de démontrer la nécessité de recruter à l’étranger. «Quand t’as un taux de chômage aussi bas, il faut arrêter de demander des niaiseries aux employeurs. C’est évident que personne ne va voler la job de personne.»

Le maire Lehouillier demande aussi aux gouvernements de revoir «à court terme» la fiscalité des personnes retraitées pour éviter qu’elles soient pénalisées lorsqu’elles retournent au travail.

La Ville agira elle aussi en dévoilant sa propre «stratégie marketing» aux gens d’affaires, le 21 novembre prochain, au Centre des congrès. Un plan d’action concret sera également présenté au conseil municipal par le comité sur la main-d’œuvre, au printemps.

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