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Les retraités courtisés par les entreprises en Mauricie

Ghislain Morissette

 - Agence QMI

La pénurie de main-d'œuvre fait en sorte que, souvent, les entreprises comblent une partie de leurs besoins en faisant appel à des travailleurs plus âgés ainsi qu’à des retraités prêts à retourner au boulot.

Contrairement à ce que veut la croyance populaire, ce n'est pas toujours pour combler un besoin financier que l’on retourne sur le marché du travail.

René Périgny a 73 ans. Pour le plaisir de sortir de la maison et de rencontrer des gens, il continue de travailler entre 20 et 25 heures par semaine.

Selon Frédérique Garnier, une consultante indépendante en gestion, «30 % des gens qui retournent travailler à un âge avancé le font par nécessité, 70 % le font par choix».

Ce que confirme René Périgny. «Je ne veux pas rester au centre d'achats, autour d'une table, à parler pilules et maladie. Je veux être actif, rester vivant, avec les gens. C'est mon plaisir», a-t-il dit.

Même constat pour Jocelyn Marcoux. «La raison, ce n'est pas pour gagner de l'argent, c'est d'avoir une vie active, sortir de la maison», a-t-il indiqué.

À 55 ans, l'ancien employé d'Hydro Québec a pris sa retraite il y a à peine quatre mois.

L'ennui l'a rapidement gagné. Il est devenu chauffeur de taxi, deux à trois jours par semaine.

«Prendre sa retraite, c'est une chose qu'on rêve pouvoir faire à 55 ans, mais une fois qu'on l'a prise, on voit que ça ne bouge pas assez, on n'a plus de vie sociale», a-t-il poursuivi.

Les employeurs apprécient particulièrement la fiabilité de leur main-d'œuvre plus âgée, ce que confirme Nadine Chiasson, directrice chez Rona. «On les appelle quand on est mal pris, ils disent toujours oui, ils sont toujours au poste à l'heure, de bonne humeur, ils sont contents d'aider», a-t-elle indiqué.

Même s'il signe une entente avec son employeur, Rona, où il s'engage à ne travailler que de 20 à 25 heures par semaine, René Périgny demeure disponible.

«S'ils sont mal pris, pas de problème, je suis disponible. Je m'amuse, j'ai du «fun», il n'y a pas de pression.»

Si certains tiennent à s'occuper deux ou trois jours par semaine, d'autres retraités vont plutôt opter pour des retours occasionnels.

Le fabricant de pièces surdimensionnées pour la grande industrie FAB3R, à Trois-Rivières, fait appel à ses anciens employés pour combler ses besoins temporaires.

«Quand c'est un mandat précis, court, souvent le travailleur aime ça revenir. Il revoit ses compagnons de travail, il accepte de faire deux-trois semaines pour donner un coup de main», a dit Yves Lacroix est le président-directeur général de FAB3R.

Ce sera aussi l'occasion pour le retraité de changer sa routine, et de pouvoir, éventuellement, se payer quelques extras.