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Restauration

La vague du végétarisme et véganisme déferle sur Montréal

Nadia Lemieux | Agence QMI

TOMA ICZKOVITS/AGENCE QMI

L’engouement des dernières années pour le végétarisme et le véganisme change petit à petit les habitudes de consommation des Montréalais, alors que le nombre de commerçants spécialisés dans ce domaine a augmenté de près de 20 % depuis un an.

L’Association végétarienne de Montréal (AVM) s’affaire ces jours-ci à compléter l’édition 2019 d’un annuaire annuel qui répertorie tous les commerces végétariens ou végétaliens à Montréal.

«Pour la partie "Restaurants" [il y a entre cinq et sept ans], c’était juste sur une carte d’affaires recto verso. Aujourd’hui, on a un guide qui fait une vingtaine de pages à peu près», s'est réjouie jeudi la vice-présidente de l’AVM, Florence Scanvic.

Le nombre d’adresses qui composera l’annuaire 2019, tous commerces confondus, aura bondi de près de 20 % par rapport à l’édition 2018, passant de 280 à 332.

La vague

«On est vraiment dans une vague importante. On le voit avec le dernier Festival Végane de Montréal. Il y a eu un engouement incroyable», a fait valoir Mme Scanvic.

Établi en 2004, le restaurant Lola Rosa est parmi les rares établissements qui se spécialisaient dans l’alimentation végétale bien avant que cette vague ne déferle sur Montréal.

Il en a tout de même profité en ouvrant une deuxième succursale en 2012. Deux autres ont depuis vu le jour.

Le copropriétaire de l’entreprise, Éric Bieunais, identifie comme principaux facteurs de la popularité croissante pour l’alimentation végétale la visibilité grandissante des causes animale et environnementale.

«Les médias sociaux aident aussi au partage des recettes et à donner cette inspiration qui fait qu’aujourd’hui, non seulement on vous dit que c’est possible de faire un plat sans viande, mais on vous le montre», a-t-il mentionné.

Les bénéfices sur la santé d’une alimentation végétale sont également non-négligeables, affirme la nutritionniste et blogueuse Marjolaine Cadieux.

«Il y a beaucoup plus de fibres dans ce type d’alimentation, ce qui a des bienfaits pour la santé cardio-vasculaire entre autres. Et vu que c’est beaucoup plus de cuisine maison, il y a beaucoup moins de sucre, de sel et de matières grasses.»

Transition

Selon Florence Scanvic et Marjolaine Cadieux, la multiplication des restaurants végétariens ou végétaliens a l’avantage de faciliter la transition vers une alimentation végétale chez les consommateurs de viande.

«Ça peut être une belle porte d’entrée qui nous présente une façon de cuisiner les protéines végétales à laquelle on n’aurait peut-être pas pensé», a souligné Mme Cadieux.

Cet aspect est d’ailleurs l’un des piliers de la mission du Lola Rosa, affirme Éric Bieunais. «On veut cibler les non-végétariens parce qu’on pense que ceux qui ont le plus besoin d’aide, d’encouragement et de récompenses gustatives à abandonner leur morceau de viande, ce sont les omnivores.»

Restaurants non végétariens: la tendance se voit partout

Elle est révolue l’époque où un restaurateur pouvait offrir une salade en guise de plat «végétarien». Aujourd’hui, même les restaurateurs qui ne se définissent pas comme végétariens ou véganes n’échappent pas à l’engouement pour l’alimentation végétale.

Le sondage Tendances 2018, mené par l’Association des restaurateurs du Québec (ARQ) et le magazine «HRI», révélait en début d’année que 50,8 % des répondants avaient l’intention de faire une place aux plats végétariens et végétaliens dans leur menu en 2018.

«Les restaurateurs sont là pour répondre aux besoins des clients. S’ils veulent des plats végétariens, c’est sûr qu’ils vont être intégrés dans les menus», a expliqué le conseiller aux communications et aux affaires publiques à l’ARQ, Martin Vézina.

«Notre job»

Ce mouvement est visible dans tous les types de restaurants, dont les chaines de restauration rapide. Chez A&W, par exemple, le burger «Beyond Meat», dont la galette est faite entre autres de pois, de haricots, de riz, et d’extraits de pommes, enregistre de très bonnes ventes, selon M. Vézina.

Les restaurants gastronomiques eux aussi emboîtent le pas. Le chef du populaire restaurant Candide, John Winter Russell, met un point d’honneur à adapter les plats de son menu à toutes les restrictions alimentaires de ses clients, y compris les végétariens et les véganes.

«C’est notre "job", a-t-il lancé. L’idée, c’est que tu vas au restaurant, tu oublies tes problèmes et tu passes un bon moment avec la personne en face de toi, alors on essaye d’assurer que même si tu as des restrictions alimentaires, ça ne devient pas compliqué.»