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Justin Trudeau se dit «profondément déçu»

Michel Bellemare | Agence QMI 

Le premier ministre Justin Trudeau n’a pas caché sa déception face à la décision du gouvernement ontarien de sabrer mercredi les services aux francophones.

«D’abord, je pense pas que ça va surprendre personne que je dise que je suis profondément déçu de cette décision, a dit M. Trudeau aux journalistes, dimanche, à l’issue de la rencontre des dirigeants des pays membres de l’APEC en Papouasie-Nouvelle-Guinée. La protection de la langue française à travers le pays, la protection des communautés linguistiques en situation minoritaire est très importante pour moi, pour mon parti, pour mon gouvernement.»

Il a ajouté que «c'est pour ça que notre ministre [des Langues officielles et de la Francophonie] Mélanie Joly a demandé une rencontre avec le gouvernement ontarien pour mieux comprendre leur décision, et pour regarder quelles seront nos options, nos responsabilités pour continuer à s'assurer que les minorités de langues officielles à travers le pays soient bien protégées».

Mme Joly a en effet écrit à Caroline Mulroney, la ministre déléguée aux Affaires francophones de l’Ontario pour solliciter une rencontre avec elle et lui faire part également de sa «grande déception» face à la décision du gouvernement ontarien de ne pas donner suite au projet de création d’une première université francophone en Ontario et d’abolir le Commissariat aux services en français.

Au cabinet de M. Trudeau, l’attachée de presse Eleanore Catenaro a rappelé dans un message transmis à l’Agence QMI que «le droit de s’exprimer dans la langue officielle de leur choix est un droit prévu dans la Charte des droits et libertés, et ce dernier est enchâssé dans notre loi sur les langues officielles», déplorant que «le gouvernement ontarien tente de démanteler le progrès réalisé par les communautés francophones pour marquer des points politiques».

Le gouvernement de Justin Trudeau n’a pas été le seul à réagir à ces initiatives du gouvernement Ford, depuis leur annonce mercredi. Les critiques ont en fait fusé de partout, notamment de la communauté franco-ontarienne, la principale intéressée, qui a promis de monter aux barricades pour défendre sa cause.

À Québec, Sonia LeBel, la ministre de la Justice, aussi responsable des Relations canadiennes et de la Francophonie canadienne, a dit vendredi qu’elle s’était entretenue avec son homologue ontarienne pour discuter de ses inquiétudes au sujet des décisions en question.

Le premier ministre du Québec François Legault doit pour sa part rencontrer le premier ministre de l’Ontario Doug Ford à Toronto lundi pour, notamment, parler d’économie et a promis d’aborder la question des services aux francophones au cours de leur rencontre.

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