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Les conservateurs fédéraux minimisent la tempête linguistique

Guillaume St-Pierre

 - Agence QMI

Legault Scheer

Simon Clark/Agence QMI

Les conservateurs d’Andrew Scheer minimisent le prix politique qu’ils pourraient payer pour la tempête linguistique qu’a déclenchée leur cousin ontarien Doug Ford en sabrant les services en français. Mais en coulisses, l’inquiétude est palpable.

Un sénateur conservateur croit même que M. Scheer doit songer à prendre ses distances avec le premier ministre ontarien.

«Je crois qu’il doit prendre ses distances avec M. Ford. Et avec d’autres aussi», a confié à micro fermé le sénateur, en faisant référence à Jason Kenney, le chef des conservateurs albertains.

«Oui, c’est le fun d’avoir des gouvernements conservateurs dans d’autres provinces, mais ça peut aussi faire mal à la marque (conservatrice)», a ajouté le sénateur qui a requis l’anonymat afin de s’exprimer librement.

Remous

La décision du gouvernement Ford d’abolir le Commissariat aux services en français de l’Ontario et d’abandonner le projet d'université francophone dans cette province a créé des remous à Ottawa, lundi. Les élus fédéraux étaient de retour dans la capitale fédérale après avoir passé une semaine dans leur circonscription.

Le député québécois conservateur Pierre Paul-Hus admet que l’enjeu linguistique de l’heure est «délicat» et «complexe à gérer» pour son parti, particulièrement au Québec, où on souhaite faire des gains. La décision de M. Ford a provoqué une levée de boucliers dans cette province.

M. Paul-Hus estime que la troupe d’Andrew Scheer n’a pas à faire les frais des décisions de son cousin ontarien. Un avis partagé par l’ensemble de ses collègues.

«M. Ford est premier ministre de l’Ontario. Nous, on représente le pays au complet», a offert le député de Chicoutimi-Le Fjord, Richard Martel.

Mais cela n’a pas empêché la ministre responsable des langues officielles, Mélanie Joly, de continuer à dépeindre l’ensemble de la famille conservatrice comme anti-francophone.

«À chaque fois qu’il y a un gouvernement conservateur au pays, chaque qu’il y a des coupes budgétaires, à chaque fois les Francophones sont impactés», a-t-elle déclaré.

Motion

Les conservateurs ont par ailleurs refusé d’appuyer une motion libérale stipulant qu’Ottawa «dénonce, sans équivoque, la décision du gouvernement de l’Ontario», la jugeant «trop partisane».

Crise

Par ailleurs, le Comité permanent des langues officielles formé d’élus libéraux, conservateurs et néodémocrates, doit se réunir en urgence, mardi matin.

Son président, le libéral Denis Paradis, qualifie de «crise» linguistique les enjeux soulevés par la décision du gouvernement ontarien.

M. Paradis appelle à la collaboration de tous les partis fédéraux pour y faire face. «C’est un dossier carrément de langues officielles qui transcende les lignes de partis», a-t-il dit.

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