/news/politics

Legault a demandé à Ford de revenir sur sa décision

Le premier ministre François Legault a été accueilli en fin d’avant-midi par son homologue de l’Ontario Doug Ford, à Queen’s Park.

Marc-André Gagnon | Agence QMI 

Venu dans la Ville-Reine pour vendre de l’hydroélectricité, le premier ministre du Québec, François Legault, a tenté, mais en vain, de convaincre son homologue ontarien, Doug Ford, de revenir sur sa décision de sabrer dans les services aux francophones.

François Legault a été accueilli à Queen’s Park, lundi en fin d’avant-midi, par le premier ministre de l’Ontario Doug Ford, pour un premier face-à-face officiel.

Lors d’une prise d’images, quelques minutes avant la rencontre, c’est en français que M. Legault s’est d’abord adressé à M. Ford.

«Merci beaucoup de me recevoir ici à Toronto pour un premier échange», a déclaré brièvement le premier ministre du Québec, en mentionnant qu’en plus de parler d’économie, ils discuteraient aussi d’environnement, et du français.

Legault lui a fait part de sa «déception»

Sans surprise, c’est surtout ce dernier enjeu qui a retenu l’attention, lors d’une point de presse auquel seul M. Legault a participé, au sortir de sa rencontre avec M. Ford.

La communauté francophone est sous le choc après que l’administration Ford ait annoncé, la semaine dernière, l’abolition du Commissariat aux services en français de l’Ontario (les plaintes seront désormais traitées par l'ombudsman de l'Ontario) et l’abandon du projet d'Université de l'Ontario français, à Toronto.

Cette décision a soulevé l’indignation générale auprès des différents élus, organismes et représentants de la francophonie canadienne.

«J’ai dit à M. Ford que j’étais déçu, a résumé M Legault. [...] J’ai fait valoir à M. Ford que je n’avais pas aimé qu’on compare les francophones avec les Chinois ou les autres cultures. Je lui ai dit : on est un des deux peuples fondateur du Canada, donc on doit s’attendre à ce que les services soient donnés [...] aux francophones.»

Ford refuse de reculer

Pressé de questions par la presse parlementaire, M. Legault a plus tard avoué qu’il avait demandé à M. Ford «de reconsidérer» sa décision, mais sans succès.

«Ce qu’il m’a dit, c’est qu’il avait des enjeux d’équilibre budgétaire, qu’il y avait déjà des services de donnés dans certains collèges, certaines universités en français, et que la fusion des postes de commissaire n’allait pas changer les services qui sont donnés», a rapporté M. Legault, en se disant insatisfait de cette réponse.

Hydroélectricité

M. Legault s’est malgré tout dit «très content» de la discussion avec son vis à vis ontarien. Devant les caméras, avant le début de la rencontre, M. Legault avait prévenu M. Ford qu’il lui proposerait un «deal» qu'il ne pourrait refuser en matière d'hydroélectricité.

L’une des éléments de cette offre comprend notamment la possibilité d’inclure des travailleurs ontariens dans la construction éventuelle de nouveaux barrages hydroélectriques au Québec.

«Je suis convaincu que le Québec est capable d’offrir un prix et un coût d’électricité beaucoup plus bas avec l’hydroélectricité qu’avec la rénovation de centrales nucléaires», a assuré M. Legault.

Toujours lors de la prise d’images, M. Ford a fait valoir que lui et M. Legault ont beaucoup en commun. «Nous sommes tous les deux des hommes d’affaires. On comprend tous les deux comment gérer une entreprise, ce qui est fabuleux», a dit le premier ministre ontarien.

M. Ford a également souligné sa préoccupation, à l’instar du Québec, pour la protection de la gestion de l’offre et des producteurs laitiers dans le contexte du nouvel Accord États-Unis-Mexique-Canada (AEUMC).

Échanges commerciaux

Les deux hommes se sont entendus pour essayer de faire passer la valeur des échanges commerciaux entre le Québec et l’Ontario à 50 G$ par année.

«Actuellement, l’Ontario envoie 42 G$ par année de produits au Québec. On en envoie 40 G$... Je suis certain qu’on peut augmenter ces deux chiffres-là», a dit M. Legault.

MM. Legault et Ford ont aussi convenu de réunir leurs ministres de l’Économie deux fois par année plutôt qu’une.

«On veut des résultats. On veut que les exportations augmentent dans les deux sens. Ça va nous rendre moins dépendant des États-Unis. On sait qu’aux États-Unis il y a une grande vague de protectionnisme», a souligné M. Legault.