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Les apprenties sages-femmes souhaitent des stages rémunérés

Charel Traversy | TVA Nouvelles

Au cours de leur formation, les sages-femmes doivent passer six sessions sur neuf en stage. Elles doivent donc faire 2350 heures de travail non rémunéré.

Par conséquent, plusieurs étudiantes se retrouvent endettées pendant leurs études.

«Ça vient créer une grande précarité financière chez les étudiants, mais aussi des difficultés psychologiques. Ne pas être rémunéré, c'est aussi ne pas avoir de conditions de travail, ne pas avoir accès à la CNESST ou à la RQAP si on tombe enceinte», a expliqué Bérangère Paradis-Deschênes, une étudiante de 2e année.

Les élèves du programme sage-femme à l'Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) ont décidé de joindre le mouvement national de grève étudiante, qui demande au gouvernement d'avoir accès à un salaire pendant leur stage.

«Les stages non rémunérés entravent aussi le développement de la pratique de sage-femme. Il y a beaucoup de maisons de naissance qui sont sur le point d'ouvrir au Québec et on n'a pas les effectifs pour les remplir», a ajouté Annabelle Gravel Chabot, une étudiante en 3e année.

Le programme de sage-femme exige que les stages soient réalisés dans deux régions différentes. Avec les frais de déplacement et le coût des études, une étudiante sur trois doit repousser d'un an sa graduation!

«Tout ce que ça exige, soit déménager, trouver un logement, avoir une voiture... Je trouve qu'il doit y avoir une reconnaissance. Une bourse qui tiendrait compte de cette réalité, surtout lorsqu'on exige aux étudiantes d'aller en stage un peu partout au Québec», a expliqué la directrice du programme, Lucie Hamelin.

Durant cette grève qui se prolonge jusqu'au 24 novembre, les étudiantes se sont réunies dans un chalet de Saint-Paulin pour réfléchir à la suite des choses.

«On s'est dit que la meilleure façon de faire entendre notre voix, c'était de se donner la reconnaissance que personne ne nous donne en ce moment, afin de continuer à aller de l'avant en sachant que cette reconnaissance est tout à fait méritée», a soutenu Annabelle Gravel Chabot.

Près de 60 000 étudiants seront en grève au moins une journée. Si le gouvernement n'entend pas leur demande, des votes de grève générale illimitée pourraient être tenus pour la session prochaine.