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Virginia Genevrier a un faible contrôle de ses pulsions sexuelles

Virginia Genevrier, cette éducatrice qui s’était amourachée d’une élève du niveau primaire avec qui elle a entretenu une longue relation a nié toute problématique sexuelle, lundi au palais de justice.

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La femme avait notamment eu une conversation vidéo avec la victime alors qu’elle était nue sous la douche. Elle a ensuite plaidé coupable d’avoir transmis du matériel sexuellement explicite à une mineure de 11 ans.

Pour le sexologue clinicien Mario Larivée-Côté, cette femme qui affirme «avoir eu beaucoup d’affection pour la fillette» est bel et bien une pédophile.

«Si on avait affaire à un homme de 40 ans avec une fille de 11 ans on ne se poserait même pas la question. À partir du moment où on a un adulte avec une enfant prépubère, et que ça dure plus de six mois, même s’il n’y a pas de contact sexuel direct, simplement au niveau fantasmatique, on peut quand même poser un diagnostic de pédophilie», a expliqué M. Larrivée-Côté en entrevue au Québec Matin.

Est-ce que les agissements de Virginia Genevrier pourraient n’être que des exceptions, qui ne seront qu’un événement dans sa vie et que plus jamais elle ne s’intéressera aux enfants?

«Ça peut être circonstanciel, oui. Mais [dans ce cas-ci] il ne s’agit pas d’un événement isolé. On parle d’une relation qui a duré 4 ans. On ne parle simplement d’affection entre l’éducatrice et la jeune fille. On parle d’une érotisation de l’enfant.»

Une chose est sûre pour le sexologue, l’accusée est incapable de contrôler ses pulsions sexuelles, ce qui est problématique.

«Je ne l’ai pas évaluée, mais on parle d’une femme avec une immaturité psychosexuelle assez importante. D’avoir été capable d’avoir trouvé la jeune fille jolie, c’est une chose, mais d’être capable de l’érotiser, c’est complètement autre chose. On a affaire à une femme qui a un faible contrôle pulsionnel. »

Pour l’instant, Virginia Genevrier n’aurait fait qu’une victime, dans un contexte scolaire.

«Elle a été mise à pied, ils ont déménagé pour l’éloigner de l’enfant. Elle a eu certaines thérapies, des interdictions de contacts qu’elle a brisés, mais malgré tout cela, elle a réussi à la voir en cachette.»

Fait étonnant, son mari prend sa défense et fait porter le blâme sur la jeune victime.

«Même son mari qui a intercepté une conversation téléphonique, et il a mis le blâme sur la jeune fille en disant que sa femme pouvait aller en prison! C’est comme s’il déresponsabilise sa conjointe au profit de la jeune fille. Il y a un non-sens dans tout cela», conclut-il.

Et la victime?

La victime, maintenant âgée de 15 ans et dont on ne peut dévoiler l’identité, était présente à la cour lundi, mais elle n’a pas témoigné. Elle a expliqué dans un document de cour toutes les difficultés qu’elle a vécues depuis les événements.

«Elle réalise que Virginia semblait toujours jeter le blâme sur elle, a expliqué la procureure de la Couronne, Stécie Jérôme. Lorsque l’histoire s’est sue, elle a perdu environ 20 amis, tout le monde considérait que les problèmes de l’accusée étaient de sa faute.»

La mère de la victime a rempli un document expliquant que sa fille avait perdu beaucoup de confiance en elle, mais que la situation s’améliorait.

La juge a pris la décision en délibéré. Elle annoncera la peine de Virginia Genevrier en janvier.