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Toujours pas de plan de retour à l’équilibre budgétaire

Sarah Belisle et Émilie Bergeron | Agence QMI

Le gouvernement Trudeau n’a toujours pas de plan de retour à l’équilibre budgétaire, puisque les prévisions des déficits pour les années à venir sont légèrement à la hausse.

L’énoncé économique de l’automne livré par le ministre des Finances Bill Morneau mercredi à Ottawa continue dans la même lignée que les précédents documents budgétaires quant au déficit.

Le gouvernement fédéral prévoit ainsi un déficit de 18,1 milliards de dollars pour l’année fiscale en cours, et ceci pour les années subséquentes:

2019-2020: 19,6 milliards $

2020-2021: 18,1 milliards $

2021-2022: 15,1 milliards $

2022-2023: 12,6 milliards $

2023-2024: 11,4 milliards $

Au total, la différence cumulative des prévisions annuelles entre les projections du budget de février 2018 et celles de mercredi est d’environ cinq milliards de dollars pour les cinq années fiscales (de 2018-2019 à 2022-2023).

Un haut fonctionnaire a toutefois fait valoir que l’écart dans les calculs pour le déficit annuel de 2022-2023 est mince.

En campagne électorale, Justin Trudeau avait promis de se limiter à de modestes déficits de tout au plus 10 milliards de dollars, puis de revenir à l’équilibre budgétaire avant 2019. Il a plutôt fait des déficits bien plus gros chaque année depuis qu’il a pris le pouvoir en novembre 2015.

 

Le ministre Morneau s’est défendu de continuer à creuser le déficit, alors que l’économie roule à plein régime.

En conférence de presse, il a expliqué que de réduire à zéro le déficit de façon brutale signifierait des coupes et une période d’austérité. Le gouvernement continuera à avoir une vision « optimiste ».

Il juge ainsi que de réduire graduellement le déficit à travers le temps, tout en continuant d’investir dans l’économie revient à d’être « prudent » et « responsable ».

Le ministre a fait valoir que le niveau d’endettement du Canada est enviable par rapport à bien d’autres pays, ainsi que la chute du ratio entre la dette et le produit intérieur brut (PIB).

Par ailleurs, il minime la hausse des prévisions de déficit dans les prochaines années.

Pendant ce temps, l’économie roule à plein régime.

Le Canada a affiché une croissance économique de 3% l’an dernier, note le ministre des Finances. Depuis l’arrivée au pouvoir des libéraux, il y a trois ans, quelque 550 000 nouveaux emplois à temps plein ont été créés et le taux de chômage est à son niveau le plus bas depuis 40 ans, a-t-il fait valoir.

M. Morneau n’a pas manqué de souligner qu’il aurait pu faire la sourde oreille aux demandes d’aide des entreprises et, qu’ainsi, le déficit serait plus bas.

«Une telle réaction ne serait ni rationnelle ni responsable», a soutenu le ministre Morneau.

Quelques autres mesures annoncées

- Diversification des exportations

Ottawa a annoncé un investissement de 1,1 milliard $ sur six ans, à compter de 2018-2019, pour une stratégie de diversification des exportations canadiennes. Cette mesure est présentée comme étant en réaction à «l’incertitude causée par les récents conflits commerciaux mondiaux».

- Fonds de finance sociale

Ottawa a l’intention d’aider les organismes de bienfaisance et OBNL à vocation sociale à avoir plus de moyens financiers en créant un «marché du financement social» auquel pourront contribuer des investisseurs. Le gouvernement envisage, pour établir ce «fonds de finance sociale», un financement pouvant atteindre 755 millions $ sur 10 ans.

- Fonds stratégique pour l’innovation

Une nouvelle enveloppe de 800 millions $ sur cinq ans est ajoutée au Fonds stratégique pour l’innovation, initiative créée en 2017 pour stimuler les investissements novateurs d’entreprises et créer des emplois bien rémunérés. De la somme annoncée, 100 millions $ sont réservés au secteur forestier.

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