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De trop longs délais pour embaucher des travailleurs étrangers

Valérie Chouinard | TVA Nouvelles

Des entreprises de la région de Québec dénoncent les longs délais pour pouvoir embaucher des travailleurs de l’étranger et ainsi combler leur pénurie de main-d’œuvre.

TVA Nouvelles a rencontré trois entreprises, dans trois domaines différents. Fugere & Fils Inc offre des services de tout genre dans l'industrie pétrolier, Produits Matra se spécialise dans le bois et Clean International, dans la sanitarisation agroalimentaire.

Elles ont toutes la même demande: embaucher de nouveaux travailleurs. Et pour le faire, elles se sont tournées vers les Philippines, et rencontrent un autre type de défi.

«C'est la paperasse du gouvernement qui est longue», a témoigné Marie Darveau de Fugere & Fils Inc.

La bureaucratie gouvernementale leur complique la tâche. Et trouver de la main-d'œuvre est devenu si complexe, que des entreprises ont saisi l'opportunité et se spécialisent dans le recrutement international.

«Je pense que les entreprises n'ont pas frappé le mur encore», a avancé Régis Dinan Michaud, de chez RM International, une de ces entreprises qui aident les compagnies à combler leurs besoins en personnel, à l'extérieur des frontières canadiennes.

Et les clients ne manquent pas.

«C'est sûr ça va aller en augmentant dans les prochaines années. À mon avis, on parle d'une courbe démographique qui diminue jusqu'en 2032 au minimum. Donc, la main d'œuvre n'est pas prête de se renouveler.»

M. Michaud s'est rendu aux Philippines à quelques reprises pour recruter, notamment en avril dernier, avec Marie-Ève Labrie de chez Clean International

«On a rencontré plus 60 candidats là-bas. On en a sélectionné 22», a-t-elle expliqué.

Une partie de ces candidats est destinée à travailler à sa succursale de Lévis, l'autre, à celle de l'Ontario.

Pour la province anglophone, elle a reçu l'acceptation vers la mi-juin, alors que l'autorisation est tombée presque quatre mois plus tard pour les accueillir au Québec.

«C'est lourd. C'est très long», dit-elle.

C'est que le provincial et le fédéral partagent certaines responsabilités en matière d'immigration.

«On est la seule province où on exige un certificat d'acceptation de la province», a ajouté le président de RM International.

«Il y a trois organismes avec qui on traite. Au total, ça prend 6-8 mois. Les entreprises veulent les travailleurs pour hier, donc les délais sont serrés. Puis, les demandes des entreprises sont irréalistes avec les programmes actuels», a commenté l'avocat spécialisé en droit de l'immigration, Maxime Lapointe.

Et en attendant les fameux papiers, les Philippines doivent aussi patienter.

«Quand on leur a annoncé la bonne nouvelle qu'ils s'en venaient au Canada, c'est de la joie. Après ça, c'est de les garder vraiment intéressés pour ne pas qu'ils se trouvent autre chose là-bas et qu'en fin de compte, ils ne viennent pas», a ajouté le directeur général des ressources humaines chez Produits Matra, Vincent Nadeau.

Les entreprises sont prêtes à investir jusqu'à 18 000 dollars pour chaque personne recrutée à l'international.

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