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Pour contester une éventuelle loi spéciale

Postes Canada: le syndicat prêt à aller devant les tribunaux

Agence QMI

Dans un communiqué publié mercredi soir, le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP) s’est dit prêt à aller devant les tribunaux pour contester une éventuelle loi spéciale qui forcerait le retour au travail des employés de Postes Canada.

Cette prise de position intervient après que la ministre du Travail, Patty Hajdu, ait annoncé mercredi le dépôt d’une notice de 48 heures, étape obligatoire pour l'adoption de cette éventuelle loi spéciale.

«Nous ne savons pas ce qu’il y aura dans la loi de retour au travail. Quoi qu’il en soit, nous devons être prêts à défendre notre droit constitutionnel à la libre négociation collective. En 2011, nous avons contesté la loi devant les tribunaux et nous avons remporté la bataille. Nous allons nous battre encore une fois si jamais on nous prive de ce droit», a déclaré le STTP par communiqué.

Les grèves tournantes ont lieu depuis quatre semaines un peu partout au Canada. Pour le syndicat, cette loi imminente ne va pas améliorer les choses et pourrait même venir perturber le processus de négociation collective. «Nous avons montré à Postes Canada que nous ne reculerons pas. Nous sommes fiers et nous nous battrons pour obtenir ce que nous méritons», a conclu le STTP.

Courrier accumulé

Selon Postes Canada, des centaines de remorques pleines de courrier se sont déjà accumulées dans ses différents centres de tri en raison des grèves. La Société d'État assure qu'elle ne parviendra pas à reprendre le dessus sur le travail accumulé avant les Fêtes si elle ne s'entend pas rapidement avec ses employés.

Le STTP a toutefois mis en doute cette affirmation, mercredi: «La section locale de Toronto du STTP signale qu’il n’y a pas des centaines de remorques de courrier accumulé, comme l’a mentionné Postes Canada, mais plutôt environ soixante dix, qui pourront probablement être vidées en quelques jours».

«Nous sommes convaincus que Postes Canada a inventé une crise juste pour que le gouvernement intervienne. Si c’est le cas, c’est un grave problème, qui ne fera qu’empoisonner davantage le milieu de travail et les relations de travail pendant de nombreuses années», a poursuivi le président national du STTP, Mike Palecek.

Le Conseil du patronat exige une loi spéciale

Tout comme d’autres associations d’entreprises, le Conseil du patronat du Québec (CPQ) estime que le gouvernement fédéral doit imposer une loi qui empêche la grève si une entente n’est pas intervenue cette semaine.

«Lorsqu'une négociation collective ne réussit pas à déboucher sur une entente entre les deux parties, la médiation est toujours la meilleure manière d'éviter ou de régler un conflit de travail afin de trouver une solution satisfaisante. Or, dans le cas des services de Postes Canada, c'est tout le pays qui est pris en otage depuis des jours, et ce, alors que s'amorce la période des Fêtes. Si la situation actuelle n'est pas réglée cette semaine, nous sommes d'avis que le gouvernement fédéral n'a pas d'autre choix et qu'il devra intervenir très rapidement en imposant une loi spéciale», a affirmé Yves-Thomas Dorval, PDG du CPQ, par communiqué.

M. Dorval estime qu’il faudra prendre des moyens pour que ce scénario ne se répète plus, car il dit que ces «moyens de pression sont nuisibles pour des activités centrales de notre économie».
 

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