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Plante moins sensible aux itinérants que Coderre, selon un prêtre

Jean Balthazard | Journal de Montréal

L’abbé Claude Paradis comprend bien la réalité des itinérants à Montréal. Il a lui-même vécu dans la rue lorsqu’il était dans la vingtaine. Aujourd’hui, l’homme de 63 ans tente tant bien que mal d’aider les personnes en situation d’itinérance, mais les problèmes persistent et l’aide n’est pas toujours au rendez-vous.

«J’ai appelé Valérie Plante, mais personne ne m’a rappelé. [...] J’imagine que ce n’est pas important pour l’image de la Ville», a lancé le prêtre à Benoît Dutrizac, sur les ondes de QUB radio.

En plus de 20 ans de travail dans la rue, Claude Paradis a vu évoluer l’itinérance à Montréal. Ce qui le frappe le plus est la présence accrue de jeunes d’à peine 13 ans et l’accroissement des problèmes de santé mentale. «Il manque de ressources», a-t-il insisté.

M. Paradis est toutefois conscient que beaucoup de personnes en situation d’itinérance préfèrent éviter ces ressources. «Ça doit venir d’elles, sinon on ne peut pas faire grand-chose.»

Itinérant à 20 ans

Originaire de la Gaspésie, l’abbé Paradis débarque à Montréal dans la vingtaine, à la recherche d’un emploi. Ses efforts restent vains et il ne parvient pas à décrocher un boulot. Il se tourne alors vers la consommation de drogues fortes. «La cocaïne m’a poussé dans la rue», avoue-t-il.

Claude Paradis a vécu cet enfer durant deux ans. «Je pensais même au suicide. Et un soir, je marchais sur la rue Sainte-Catherine. J’avais assez de substances pour passer à l’acte, mais je me suis dit: “Tant qu’à me suicider, aussi bien le faire au service des autres.” Alors, ça fait 21 ans que je me suicide comme ça tous les soirs au service des autres», a-t-il illustré pour parler de son implication dans la rue.

Vêtements à donner

L’abbé Paradis a également invité la population à venir porter des vêtements dans les nombreux refuges à Montréal pour répondre aux besoins des personnes en situation d’itinérance en cette période de froid glacial. «Les gens sont dépassés, un peu. On a un froid du mois de janvier en novembre. Même les refuges ne fournissent pas, ils n’ont pas assez de linge. Donc, les gens qui ont du linge à donner, c’est vraiment le temps», a-t-il expliqué.

Réécoutez l’entrevue complète du prêtre dans la rue Claude Paradis à l’émission Dutrizac de 6 à 9 dans la vidéo ci-dessus..

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