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Gatineau

Sans logis deux mois après la tornade

Simon-Pier Ouellet | Agence QMI

La sinistrée Josée Pelletier pose devant l’immeuble à logements de Gatineau qu’elle habitait avant le passage de la tornade, actuellement en reconstruction.

Simon-Pier Ouellet

La sinistrée Josée Pelletier pose devant l’immeuble à logements de Gatineau qu’elle habitait avant le passage de la tornade, actuellement en reconstruction.

Une sinistrée de la tornade qui a soufflé un quartier de Gatineau en septembre retrouvera finalement un logement juste à temps pour Noël, après avoir vécu dans ses boîtes pendant deux mois.

Josée Pelletier compte les jours avant d’emménager dans son nouvel appartement avec sa fille de 20 ans, le 23 décembre prochain.

«Ce sera notre cadeau de Noël», dit la femme de 44 ans avec un sourire.

La dame a tout perdu lors du passage d’une tornade de catégorie F3 le 21 septembre dernier, tout comme des centaines de sinistrés.

Nombreux sont ceux qui n’étaient pas assurés.

Si plusieurs ont pu se trouver un logis depuis, 33 familles sont toujours logées à l’hôtel par la Croix-Rouge, deux mois plus tard. D’autres sinistrés, comme Mme Pelletier et sa fille, ont la chance de pouvoir demeurer chez des proches.

Mon chez-moi

«Ma vie est dans des boîtes. Au début, je n’avais que moi et ma parole. Je n’avais plus aucune pièce d’identité. J’ai hâte de retrouver mon chez-moi», dit celle qui était assurée.

La dame se demande encore comment elle a survécu au passage de la tornade. Elle voit une psychologue depuis les événements traumatisants. Elle était dans son appartement lorsque le toit et le mur ont été arrachés. Elle s’est accrochée à une poignée de porte pour survivre.

La femme, qui demeurait dans son logement de la rue Daniel-Johnson depuis 11 ans, déplore le manque d’aide pour se trouver un nouveau toit de la part des organismes communautaires dédiés à la tâche.

«On a été laissés à nous-mêmes. Je n’ai reçu aucune aide pour me trouver un nouveau logement. Dans ma tête, lorsque c’est arrivé, je croyais que je serais relocalisée avant le 1er novembre. Mais ça ne s’est pas passé comme ça du tout», se désole Mme Pelletier, qui est en arrêt de travail depuis deux ans.

Aide financière

Pour sa part, la Croix-Rouge offre notamment aux sinistrés une aide financière allant jusqu’à 200 $ par mois pour combler l’écart de loyer entre l’ancien et le nouveau logement ainsi que 150 $ par mois pour combler l’écart entre les anciennes et les nouvelles factures de services publics.

L’organisme, qui a amassé des dons totalisant 4,5 M$ après le passage de la tornade, n’est pas en mesure de préciser les sommes distribuées aux familles depuis.

Dès les jours suivant le sinistre, la Croix-Rouge a sonné l’alarme quant à la pénurie d’appartements abordables à Gatineau.

En conséquence, replacer les centaines de victimes de la tornade, qui a frappé l’un des quartiers les plus pauvres de la ville, est un véritable casse-tête.

Il faut dire que les prix des loyers à Gatineau sont parmi les plus élevés au Québec à cause de la proximité avec l’Ontario et des bons salaires offerts dans la fonction publique fédérale.On démolit plus d’édifices que prévu

Deux mois après la tornade qui l’a frappé de plein fouet, le quartier Mont-Bleu a toujours des airs de chantier de construction. Le quart des bâtiments touchés par la tornade doit être démoli.

À ce jour, 89 certificats de démolition ont été émis par la Ville de Gatineau sur les 332 bâtiments touchés.

Ce chiffre est plus élevé que l’estimation initiale. La municipalité croyait qu’environ 55 immeubles devraient être mis à terre au lendemain de la tornade.

«Les [entreprises et propriétaires] ont probablement manqué de temps [avec l’arrivée rapide de l’hiver]», explique le propriétaire de l’entreprise Démolition et Excavation P.C., Antoine Cyr.

Son entreprise a procédé à la démolition d’un bâtiment jusqu’ici dans le quartier Mont-Bleu. L’hiver hâtif qui s’est installé pèse sans doute beaucoup dans la balance pour expliquer la hausse des immeubles à jeter à terre.

S’il avait été possible de sauver des bâtiments endommagés, l’infiltration d’eau combinée aux températures glaciales plus tôt qu’à l’habitude a dans bien des cas causé des dommages irréparables aux bâtiments déjà fragilisés.

Le passage de la tornade est encore bien visible dans le quartier alors que les toits et les murs de certains logements sont toujours arrachés, permettant de voir l’intérieur des appartements à partir de la rue.

Certains propriétaires de logements n’ont cependant pas tardé. L’entreprise Brigil est déjà en train de reconstruire un tout nouvel immeuble à l’angle des rues Daniel-Johnson et Jumonville.

En plus des démolitions, de nombreux logements doivent être rénovés. Trente-neuf permis de rénovation ont été délivrés jusqu’ici.

Au total, la tornade du 21 septembre a frappé 2407 logements, dont 479 ont été considérés comme inhabitables.

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