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Un camion-grue mal sécurisé se renverse sur le côté

Michel Bellemare | Agence QMI

 - 24 Heures

SYLVAIN DENIS/AGENCE QMI

Un camion-grue dont une des pattes stabilisatrices n’avait pas été déployée s’est renversé sur le côté lundi matin dans le quartier Centre-Sud, à Montréal, ravivant les aspects sécurité et formation du métier de grutier.

L’incident qui, heureusement n’a pas fait de blessé, est survenu peu après 9h30 dans un stationnement accessible par l’avenue Papineau situé derrière des immeubles à logements de la rue Cartier, entre les rues Ontario et Sherbrooke, alors que des travaux pour l’installation d’un escalier en métal étaient en cours.

Pendant une manœuvre, le camion s’est renversé sur le côté et le bout de la grue s’est abîmé sur un balcon du rez-de-chaussée.

La Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) a envoyé un inspecteur sur le site de l’incident. Celui-ci a constaté que le stabilisateur avant droit du véhicule n’avait pas été déployé et que cela pourrait avoir contribué au renversement du camion, a expliqué à l’Agence QMI Alexandra Burnet, de la CNESST.

En après-midi, le camion était toujours dans sa fâcheuse position, la CNESST ayant exigé de l’entreprise propriétaire de la grue «une méthode de travail» avant d’autoriser son redressement, a indiqué Mme Burnet.

Dans la foulée de cet événement, l’entrepreneur devrait recevoir un «avis de correction» de la part de la CNESST pour ses opérations futures. Un tel avis pourrait porter sur de la formation liée au maniement d’un camion-grue, a mentionné la porte-parole de la CNESST.

Depuis le mois de mai dernier, à la suite de l’adoption de nouvelles règles par le conseil des ministres, les entreprises de la construction peuvent former elles-mêmes les grutiers au lieu d’attendre qu’ils obtiennent un diplôme en la matière – qui était auparavant obligatoire. Commentant la nouvelle réglementation en avril dernier, la Commission de la construction du Québec avait indiqué qu’il s’agit de changements demandés par les acteurs de l’industrie depuis plus de 10 ans et que ceux-ci permettront de combler d’éventuelles pénuries de main-d’œuvre, ainsi que de permettre aux employeurs plus de marge de manœuvre.

Les employeurs «auront toujours la liberté de choisir de n'embaucher que des grutiers diplômés», avait soutenu la Commission de la construction du Québec en avril.

L’Union des opérateurs grutiers, loin de partager cet avis, avait dénoncé les nouvelles mesures, disant qu’elles «mèneront à une hausse des accidents et des morts». Les grutiers avaient déclenché une grève illégale en juin pour dénoncer les nouvelles règles paralysant plusieurs chantiers de la province.

Après la grève, la ministre du Travail de l’époque, Dominique Vien, avait rencontré les représentants syndicaux des grutiers et annoncé la formation d’un comité d'experts indépendants chargé d'évaluer l'aspect sécuritaire des modifications à la réglementation sur la formation professionnelle des opérateurs de grue.

Ce comité tiendra des consultations publiques – sur invitation – les 17 et 19 décembre prochain à Montréal qui porteront sur l'aspect sécuritaire du métier de grutier dans l'industrie de la construction, notamment sur la conduite des opérateurs de camion-flèche, depuis l’adoption des nouvelles règles de formation. Les experts indépendants du comité devront remettre leurs recommandations d'ici le 28 février 2019, a précisé le bureau du ministre du Travail actuel, Jean Boulet.