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Sainte-Flavie

Une nouvelle rue pour les résidents touchés par l’érosion

Stéphanie Gendron

 - Agence QMI

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Une municipalité du Bas-Saint-Laurent ouvre une nouvelle rue et engage une ressource pour éviter que les dizaines de résidents qui se verront offrir de déménager ou de démolir leurs maisons situées sur le bord du fleuve ne quittent la région.

Sainte-Flavie ne veut pas que se reproduise ce qui est arrivé en 2010. Après une tempête historique de grandes marées, 27 résidents ont fait démolir leurs maisons et la majorité a quitté le village, faute de terrains pour construire ou déménager.

«Il y a une perte de richesse foncière pour une municipalité, oui, mais au-delà de cela, c’est une perte de vitalité dans la communauté. Quand on perd des citoyens, des familles, c’est de la vitalité à l’état brut que l’on perd», a dit le maire de Sainte-Flavie, Jean-François Fortin.

Sainte-Flavie a adopté cet automne une réglementation sur les zones côtières à cause de l’érosion, laquelle fait en sorte qu’on ne peut pas construire de maison aussi près du fleuve Saint-Laurent qu’avant.

Le ministère de la Sécurité civile proposera aux résidents actuels concernés de déménager ou de faire démolir leur propriété. Les résidences ciblées seront connues en janvier, mais une cinquantaine au maximum seraient touchées.

Sainte-Flavie a l’intention d’accompagner ses citoyens, une première dans le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie.

Une nouvelle rue au cœur du village leur sera dédiée, au sud de la route 132, plus loin du fleuve. Ils pourront y déménager leurs maisons s’ils le souhaitent. Une chargée de projet a aussi été engagée pour les accompagner.

«Nos citoyens sont confrontés à des choix importants et on veut leur donner toutes les options possibles. C’est une décision qui a beaucoup d’incidence dans leur vie. On ne veut pas que par absence de possibilités, ils choisissent de démolir et de quitter le territoire», a dit le maire Fortin.

Ceux qui restent

Des résidents touchés pourraient faire le choix de demeurer sur place, malgré les risques que cela comporte. Ils se retrouvent dans une zone à fortes contraintes, comme celle de ne pas pouvoir agrandir leurs maisons.

Les autres pourront démolir ou déménager la maison. Le montant donné en compensation est basé sur l’évaluation foncière et différents critères. Il n’est pas possible de s’enrichir avec un tel programme, selon le maire Fortin.

«Par exemple, si je relocalise ma maison et que je n’avais pas de solage et que je désire déménager et me faire une cave, cette partie-là ne sera pas admissible à l’indemnité, étant donné qu’on améliorerait le sort de la maison», a spécifié le maire.