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Bas-Saint-Laurent

Protéger le patrimoine bâti de Rimouski

Vanessa Limoges | TVA Nouvelles

La récente démolition de la Maison Boileau à Chambly pose des questions sur la protection du patrimoine bâti au Québec.

À Rimouski aussi, on peine à conserver certains bâtiments, notamment les Ateliers Saint-Louis, dont l'avenir est plus qu'incertain.

«Je pense que souvent c'est un manque de volonté politique d'abord et des fois, aussi, les gens ne sont pas si conscients ou encore sensibilisés au patrimoine bâti dans leur région», explique la directrice de la Société rimouskoise du patrimoine , Sabrina Gendron.

Le bâtiment qui a été construit en 1924 est l'un des rares qui ont été épargnés par le feu qui a ravagé la ville en 1950.

La Société rimouskoise du patrimoine lui confère une valeur patrimoniale «exceptionnelle ». Le gouvernement du Québec ne l'a toutefois pas classifié comme étant patrimonial.

L'organisme Action Patrimoine a récemment interpellé le propriétaire des Ateliers, soit la Ville de Rimouski, déplorant que le bâtiment soit laissé à l'abandon depuis plus de 10 ans et laissé sans chauffage depuis plusieurs années.

«En dessous des fenêtres, on peut voir la pierre qui s'est désagrégée. Ça a été bouché avec de l'uréthane pour éviter les infiltrations d'eau. On peut donc imaginer que la structure est peut-être en train de désagréger également», fait savoir la responsable des communications chez Action Patrimoine, Anne-Sophie Desprez.

Chauffer les Ateliers pourrait freiner sa dégradation, mais pour la Ville ce n'est pas une option.

«Les dommages ont été faits, il faudrait investir plusieurs dizaines de milliers de dollars pour chauffer le bâtiment de nouveau», souligne le maire de Rimouski, Marc Parent, ajoutant que l'orientation que la Ville avait prise pour le moment était «le statu quo».

Le CISSS du Bas-Saint-Laurent a approché la Ville pour installer des bureaux dans cet édifice. La Ville leur donne actuellement quelques mois pour établir le contact avec le nouveau gouvernement provincial et valider que les sommes à investir sont toujours disponibles.

Rimouski espère donc trouver une nouvelle vocation au bâtiment, mais n'écarte cependant pas la possibilité de le démolir.

«C'est clairement une possibilité oui», précise le maire.

Des efforts soutenus nécessaires

«C'est sûr que la Société rimouskoise du patrimoine aimerait que le bâtiment ne soit pas démoli et plutôt réutilisé à d'autres fins», indique la directrice de la Société.

Chez les différents organismes qui luttent pour conserver le patrimoine, on tente de plus en plus de sensibiliser les propriétaires de maisons anciennes et de bâtiments ayant une valeur patrimoniale à entretenir leur patrimoine de façon continue.

«On essaie de sensibiliser les municipalités à agir avant et à entretenir leur patrimoine avant qu'il ne soit trop tard», dit Mme Desprez.