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Les coiffeurs et coiffeuses se font rares à Sherbrooke

TVA Nouvelles

Le milieu de la coiffure n’échappe pas à la pénurie de main-d’œuvre à Sherbrooke, en Estrie.

Avec 196 salons de coiffure et de barbier dans la ville, selon Commerce Sherbrooke, les besoins de professionnel en coiffure sont grands.

Le Centre de formation professionnelle 24-Juin peine cependant à recruter chaque session une vingtaine d'aspirants coiffeurs.

Les finissants sont pourtant assurés d'avoir un emploi, souvent même avant d'avoir complété leur formation.

Les étudiantes rencontrées par TVA Nouvelles au centre de formation avaient toutes déjà un emploi dans un salon de coiffure.

«Je me suis fait appeler aussi par deux autres salons qui étaient intéressés à m'avoir! J'ai dit malheureusement je ne pouvais pas, que j'avais déjà mon emploi», indique une future coiffeuse.

Le centre de formation multiplie aussi les offres pour augmenter le nombre d'inscriptions pour tenter de mieux répondre aux besoins du marché du travail.

«Quand on est en secondaire 4, on peut venir trois jours par semaine tout en finissant ses cours», explique une enseignante au DEP en coiffure, Guylaine Tessier.

Elle ajoute que dès l'automne, une formation individualisée sera aussi disponible, ce qui permettra des entrées continues dans le programme.

Travail au noir

Selon la propriétaire du salon de coiffure sherbrookois «L'expérience beauté urbaine», Marie-France Vigneault, le travail au noir est aussi un facteur qui contribue à la difficulté de recrutement de nouveaux coiffeurs.

«Il y a beaucoup de salons de coiffure qui paient malheureusement en dessous de la table. J'aimerais vraiment ça que le gouvernement fasse un petit ménage justement là-dedans parce que c'est comme ça qu'on a de la difficulté à trouver des employés. Ils veulent se faire payer en partie au noir», affirme-t-elle.

Le travail au noir dans le monde de la coiffure est un secret de polichinelle.

Selon Emploi Québec, un coiffeur ne déclare en moyenne que 17 000$ par année en Estrie. La moyenne au Québec est de 18 000$.

Le président de l'Association professionnelle des employeurs de la coiffure du Québec n'est pas surpris que les coiffeurs déclarent des revenus aussi faibles.

Gervais Brisson dit qu'«en bas de 30 000$ de chiffre d'affaires, les coiffeurs ne sont pas obligés de s'enregistrer pour des numéros de TPS et TVQ, alors les coiffeurs louent des chaises et déclarent à peu près rien».

Il avance qu’il y a environ 280 millions de dollars en fraude fiscale par année dans la coiffure au Québec.

Revenu Québec affirme avoir le secteur de la coiffure à l'œil.