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Gaz à effet de serre

Le Québec bien loin d’atteindre ses objectifs

TVA Nouvelles

Le Québec est très loin d’atteindre les objectifs de réduction de gaz à effet de serre, révèle un document du ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques obtenu en primeur par Mario Dumont.  

Le rapport sur les efforts de lutte aux gaz à effet de serre pour l’année 2016 a été rendu public jeudi matin, mais l’animateur de LCN a réussi à mettre la main sur ces chiffres en primeur.  

Selon ce qu’on peut apprendre du document, la province n’est pas du tout dans les cibles qu’elle s’était fixées.   

«En 2016, les émissions de GES avaient diminué de 9,1 % par rapport au niveau de 1990, alors que le Québec s'est doté d'une cible de réduction de -20 % d'ici 2020», mentionne-t-on dans le document.  

Et selon M. Dumont, les chiffres de 2017 ne risquent pas d’être reluisants. Pour cause : l’ouverture de la cimenterie de Port-Daniel–Gascons, décriée par les environnementalistes.  

«À moins qu’il y ait eu [une baisse] dans d’autres secteurs, comme les transports, ou d’autres miracles que je ne vois pas, à mon avis, en 2017, on augmente encore plus», estime-t-il.  

Stagnation  

Dans les dernières années, la quantité de gaz émise a stagné.

«Ainsi, après avoir atteint et dépassé la première cible de -6 % en 2012 en atteignant -8 % (inventaire 1990-2012), les émissions de GES n'ont pas connu de baisse significative depuis», révèle le ministère.

Une situation que Mario Dumont attribue, entre autres, à la récession économique qui a débuté en 2008.   

«Les usines ferment, les camions roulent moins, les gens tombent sur le chômage. C’est triste, mais c’est ça», lâche-t-il.  

La fermeture de la raffinerie de Shell dans l’est de Montréal pourrait aussi avoir joué dans ce bilan.  

«Ce jour-là, la FTQ n’applaudissait pas; elle parlait de pertes d’emplois massives de gens qui avaient des emplois payants de bonne qualité, mais pour les gaz à effet de serre, ça a été très bon.»  

Revoir nos cibles?  

Selon M. Dumont, il semble plutôt nécessaire de revoir les cibles.  

«Il faudrait que François Legault, en un an et demi de travail, fasse le 12 % qui manque. Impensable», tranche-t-il.  

Après avoir regardé la ventilation des chiffres, par secteur, l’animateur voit mal comment on pourrait atteindre les cibles. Selon ses calculs, il faudrait enlever des routes tous les camions, ou pratiquement toutes les automobiles.  

Sinon, on s’attaque aux rejets des industries dans l’atmosphère.  

«Il faudrait fermer environ 40 % des industries : alumineries, papetières. On en ferme quatre sur dix. Imagines-tu la catastrophe économique? Ce serait la plus grosse récession qu’on a jamais imaginée, le chômage à 20%, le monde pauvre, la misère. C’est bien de dire qu’on veut être ambitieux sur l’environnement, mais le portrait réaliste... C’est plus que totalement irréaliste. On est pris avec ça aujourd’hui.»  

L’animateur fait le parallèle entre le bilan écologique et le bilan économique : quand un nouveau gouvernement entre en fonction, il attribue habituellement le précédent pour les problèmes économiques.   

«Prépare-toi au même, même discours, mais sur l’environnement», lance-t-il.  

 

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