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Shawinigan

Fraîchement condamné, il s’évade du palais de justice

Jonathan Roberge | TVA Nouvelles

Fraîchement condamné à une peine de six mois de prison, un homme de 42 ans a pris ses jambes à son cou en plein palais de justice de Shawinigan. Depuis bientôt 24 heures, Patrick Gélinas, reconnu coupable de production cannabis et de non-respect de condition, est introuvable.  

La sentence venait à peine d'être prononcée que l'homme a viré les talons et a quitté la salle en courant, avant même que les constables spéciaux n'aient le temps de s'approcher pour le menotter.  

Il a dévalé les escaliers et quitté le palais de justice de Shawinigan. Un des deux agents qui se trouvait à l'intérieur de la salle a alors amorcé une poursuite à pied.   

Selon des témoins oculaires, Patrick Gélinas aurait traversé la rue à toute vitesse sans même regarder. Une voiture a dû freiner brusquement afin d'éviter l'impact.  

C'est finalement la présence des voitures à l'intersection achalandée qui aurait mis fin à la poursuite à pied par les employés du palais de justice qui ont prévenu la Sûreté du Québec de la situation.  

«Les agents avaient une décision à prendre: s’ils se lançaient tous les deux à sa poursuite, le palais de justice serait tombé totalement à découvert, sans sécurité pour le reste des gens qui s’y trouvent», explique Franck Perales, président du Syndicat des constables spéciaux du gouvernement du Québec.Depuis ce temps, les patrouilleurs ont l'œil ouvert. Différents lieux fréquentés par l'accusé ont également été visités au cours de la nuit et de l'avant-midi.

Les deux seuls agents du palais de justice se trouvaient à l'intérieur de la salle. C'est donc dire que personne ne surveillait l'escalier ni la porte extérieure. 

Cette histoire relance une fois de plus le débat sur le manque de constable spécial et la sécurité déficiente dans les palais de justice.

«C’est certain qu’on demande d’avoir plus de personnel. Il y a d’autres moyens également. Ce serait génial de pouvoir verrouiller à distance les portes du palais et bien sûr se doter de caméras de sécurité», poursuit monsieur Perales. 

Malaise  

Le malaise était palpable vendredi matin au palais de justice. Une fois de plus, la question de la sécurité revient sur la table. Selon nos informations, aucune caméra de surveillance ne permet d'établir parfaitement le chemin emprunté par l'individu.   

Cette situation aurait-elle pu être évitée si plus de constables spéciaux s’étaient trouvés au palais de justice ou encore si les portes du palais avaient été verrouillées de l'intérieur comme c'est le cas à celui de Trois-Rivières?  

Conseil de son avocat  

Son avocat, maître Serge Milette, n'a jamais vu pareille affaire depuis le début de sa carrière. Selon lui, son client a fait une crise de panique et pris une très mauvaise décision.  

«C'est certain que, mon conseil actuel, c'est de communiquer avec moi ou directement avec les policiers de la Sûreté du Québec afin de se rendre. La situation ne peut qu'empirer présentement. Il faut à tout prix éviter que cela dégénère davantage», a-t-il confié au micro de TVA Nouvelles.