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Espagne

Madrid inaugure un plan anti-pollution draconien

AFP

Madrid a inauguré vendredi un dispositif draconien de restriction du trafic dans le centre-ville, afin d'y réduire les émissions de gaz de 40%, accueilli avec des sentiments mitigés par les habitants de la capitale espagnole.

En instaurant un dispositif filtrant les entrées de voitures dans les quartiers historiques de la capitale espagnole, la mairie de gauche de Madrid veut «réduire la pollution, le bruit et améliorer l'espace public» en augmentant les zones piétonnières. Elle cherche à encourager l'usage des transports en commun et de la bicyclette.

La ville suit ainsi la dynamique d'autres villes européennes mais de façon plus restrictive. À Londres, Stockholm ou Milan, les automobilistes peuvent toujours accéder aux centres historiques des villes, moyennant paiement.

À Madrid, seuls les résidents du centre-ville, les camions de marchandises, les taxis, les autobus, les véhicules scolaires et les forces de sécurité et d'urgence pourront circuler librement dans une zone de 472 hectares.

Les résidents disposeront chacun de vingt invitations par mois pour permettre à des non-résidents de circuler dans cette zone.

À moins de circuler en véhicule électrique ou hybride, les non-résidents ne pourront pénétrer dans la zone que pour se garer dans un garage ou dans un parking.

Dans un premier temps, jusqu'à la fin de l'année, les policiers se contenteront d'informer les conducteurs des nouvelles règles de circulation.

En janvier et en février, les infractions seront notifiées aux conducteurs sans être sanctionnées par des amendes, mais à partir du mois de mars, elles seront punies de contraventions de 90 euros (136$).

La mairie de Madrid a instauré ce dispositif sous pression de la Commission européenne afin d'améliorer la qualité de l'air. La capitale est souvent surmontée d'un nuage de pollution que les Madrilènes ont surnommé le béret (la boina) mais tous ne se réjouissent pas pour autant de ces mesures.

«Ils font de la discrimination sur le revenu, a déclaré à l'AFP Fernando Ahumada, propriétaire d'un commerce de tabac depuis trente ans. Si tu es riche, tu n'as pas de problème. Tu achètes une voiture électrique et tu circules, mais si tu es un pauvre, avec ta voiture, tu peux crever».

Dans le quartier de Las Letras, Juan Ramirez, propriétaire d'une boutique de décoration, soutient toutefois le nouveau plan, pensant que celui-ci «n'affectera pas trop» son commerce. Il est habitué: des restrictions de circulation ont été instaurées depuis 2005 dans son quartier.

«Que les gens se déplacent en vélo!», s'est-il exclamé.

«Aujourd'hui est le premier jour. L'idée ne plaît pas à certains, n'en intéresse pas d'autres (...) mais d'autres si, ça les intéresse et ils sont aimables. Il y a un peu de tout», explique à l'AFP Ismael Jimenez, un agent employé jusqu'à mars par la mairie de Madrid pour informer, à pied, les résidents du nouveau dispositif.

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