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C'est «mettre ses principes de côté» pour toucher de «l’argent sale», déplore Duceppe

La chic salle de réception Le Windsor ainsi que le prestigieux hôtel Mount Stephen ont accepté que la célébration du mariage d’un influent Hells Angels se tienne entre leurs murs, une situation qui indigne l’ancien chef du Bloc québécois.

«Ces gens-là mettent leurs principes de côté pour recevoir de l’argent sale», lance d’entrée de jeu Gilles Duceppe, en entrevue avec TVA Nouvelles.

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Le mariage de Martin Robert, un des leaders des motards au Québec, et d’Annie Arbic, la fille de «la Reine de Kanesatake», Sharon Simon, devait rassembler quelque 270 convives de factions du crime organisé, en fin d’après-midi samedi, en plein cœur de la métropole.

Gilles Duceppe ne croit pas la version des directions de ces établissements lorsqu’elles soutiennent qu’elles n’étaient pas au courant de la venue de plusieurs membres du crime organisé au cours de la fin de semaine. «On ne jouera pas aux innocents, c’est dans les journaux et ils le savent fort bien», laisse-t-il tomber.

 

Il appelle donc à boycotter sans détour ces deux établissements. «J’espère que toutes les personnes, organismes, compagnies qui voulaient tenir des réceptions au Windsor ou au Mount Stephen cessent d’y aller, parce qu’on ne doit pas côtoyer des gens qui acceptent de recevoir les Hells Angels», a poursuivi l’homme, qui était chef du Bloc lorsque son parti a mené la bataille pour faire adopter une loi antigang.

En 2017, le Bloc québécois proposait également qu’on empêche les motards affiliés aux clubs criminalisés d’afficher leurs couleurs, une proposition que la mairesse de Montréal Valérie Plante n’endosse pas.

«Partout au Québec, jusqu’à maintenant, il n’y a pas de réglementation, alors je vous dirais que je n’ai pas l’intention de le faire à court terme, mais c’est sûr que si la population nous dit qu’elle se sent pas en sécurité ou s’il y avait une prolifération d’événements [...], on va agir. Mais on n’est pas là», a-t-elle déclaré.

Gilles Duceppe a d’ailleurs eu des mots durs à l’égard de la mairesse Plante, l’invitant à «revenir sur Terre» et à s’inspirer du courage d’autres municipalités, comme Saint-Tite, en Mauricie, qui a interdit aux groupes criminels de s’afficher avec des vêtements les identifiant ou des produits dérivés.

«J’inviterais Mme Plante à parler à la mère du jeune [Daniel] Desrochers, qui a été tué en 1994 par une bombe des Hells Angels», a poursuivi l’ancien chef.

Qualifiant cette attitude d’«irresponsable» de la part d’un élu, il éclabousse également au passage les troupes néodémocrates, libérales et conservatrices, qui ont rejeté la récente proposition du Bloc interdisant le port des «patchs» au nom de la liberté d’expression, «même pour les Hells», s’exclame M. Duceppe, pour qui les motards ne sont pas «un club de curling».

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