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13 000 francophones manifestent en Ontario

Des milliers de Franco-Ontariens – 13 000, selon les organisateurs – sont descendus dans les rues de l’Ontario samedi afin d’envoyer un message clair au premier ministre Doug Ford: «Ne vous attaquez pas à nos droits». 

Deux semaines après le «Jeudi noir de la francophonie ontarienne», près de 40 marches et manifestations ont eu lieu pour exiger le rétablissement de l’Université de l’Ontario français et du Commissariat aux services en français, deux institutions obtenues de peine et de misère par les francophones depuis 15 ans.

Des milliers de Franco-Ontariens dans la rue pour dénoncer les compressions de Doug Ford 1

photo Philippe Orfali

Une grogne sans précédent

Le gouvernement Ford a profité de son Énoncé économique il y a deux semaines pour abolir le poste de chien de garde des services en français, dont le mandat est de protéger et d’accroître les services, les soins de santé et l’éducation de langue française.

Il a aussi mis la hache dans l’Université de l’Ontario français, la première université unilingue francophone de la province, qui devait ouvrir en 2020 dans la région du grand Toronto.

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On a également appris par la suite qu’une subvention de 3 millions $ destinée au théâtre francophone d’Ottawa, la Nouvelle Scène, avait été annulée. Trois magazines éducatifs franco-ontariens sont aussi passés à la trappe.

Ces décisions - et le refus du gouvernement à faire pleinement marche arrière - ont notamment mené la seule députée franco-ontarienne du gouvernement Ford, Amanda Simard, à claquer la porte de son parti avec fracas.

Des milliers de Franco-Ontariens dans la rue pour dénoncer les compressions de Doug Ford 2

photo Philippe Orfali

 

Pas de marche arrière

Face à la grogne, la ministre des Affaires francophones Caroline Mulroney a proposé de placer un commissaire chargé de traiter les plaintes des francophones sous l’autorité de l’ombudsman provincial, une proposition rejetée en bloc par les francophones.

Jusqu’à maintenant, la fille de l’ex-premier ministre Brian Mulroney a refusé toute concession additionnelle. «J’appuie ce qu’on est en train de faire», a-t-elle indiqué cette semaine.

 

Amanda Simard manifeste

Amanda Simard, elle, a manifesté dans sa circonscription, dans les secteurs de Rockland et de Hawkesbury.

«Nous demandons le respect. Nous sommes plus forts que jamais. Nous sommes, nous serons», a-t-elle martelé samedi matin dans un échange avec le «Journal».

«Devant ces affronts-là, on n'a pas le choix de réagir pour assurer notre survivance comme Franco-Ontarien», a pour sa part lancé Michel Jubinville, un professeur qui manifestait en famille à Rockland.

De nombreux élus de toute allégeance politique ont participé aux manifestations provinciales, incluant des députés conservateurs fédéraux.

Comme plusieurs, la ministre des Langues officielles, Mélanie Joly, était de la manifestation d’Ottawa, où elle a pris la parole aux côtés de députés franco-ontariens.

«C'est un moment dont on va se rappeler ensemble, que l'on va raconter à nos enfants et nos petits-enfants. Nous sommes de tout coeur avec les Franco-Ontariens, a indiqué Mme Joly au «Journal». Aujourd'hui, nous sommes tous Franco-Ontariens.»

Le drapeau franco-ontarien a aussi été hissé à l’Assemblée nationale du Québec, à la demande unanime des députés québécois, en soutien à la cause franco-ontarienne

Des milliers de Franco-Ontariens dans la rue pour dénoncer les compressions de Doug Ford 3

photo Philippe Orfali

Un autre Montfort?

Ces manifestations pourraient être les plus importantes en plus de 20 ans en Ontario français. Le 22 mars 1997, près de 10 000 personnes s’étaient entassées dans le centre municipal d’Ottawa pour dénoncer la décision du gouvernement conservateur de Mike Harris de fermer l’hôpital Montfort d’Ottawa, le plus important établissement de langue française de la province.

Le gouvernement Harris avait fini par battre en retraite, au terme d’une lutte devant les tribunaux qui s’était terminée devant la Cour d’appel.

 

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