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Fiers de leur députée qui s'est tenue debout

Manifestation

Sarah Bélisle / JdeM

Plus déterminée que jamais, la jeune députée rebelle de l'Ontario a appelé samedi les francophones à être fiers de leur langue, lors d'une manifestation dans son comté où elle a été accueillie en «rock star».

«Vous nous faites honneur», «ne lâchez pas», «vous êtes une inspiration», «merci»: les citoyens de la circonscription Glengarry-Prescott-Russell - que représente Amanda Simard dans l'est-ontarien - se sont bousculés pour la féliciter.

Elle n'a pas 30 ans, mais Amanda Simard est devenue le visage de la lutte franco-ontarienne. Elle a préféré claquer la porte du parti conservateur de Doug Ford en Ontario jeudi dernier, plutôt que d'appuyer ses mesures anti-francophonie. Elle représentera dorénavant sa circonscription à majorité francophone, en tant qu'indépendante.

Dans son comté, à Clarence-Rockland, ses électeurs l'ont ovationnée à plusieurs reprises samedi lors d'une des quelque 40 manifestations tenues contre les compressions du gouvernement ontarien.

«C'est vraiment vraiment super ce qu'on voit aujourd'hui [les manifestations]. Je suis peut-être indépendante à Queen's Park, mais ici je suis bien entourée», a-t-elle lancé aux citoyens leur demandant d'être «fiers chaque matin de se lever et d'être francophone».

L'appui de ses électeurs lui a fait chaud au cœur.

Aucun regret

Il faut dire que «ça a été difficile [de se battre au sein du gouvernement et ensuite de démissionner du caucus], a-t-elle soufflé. J'ai fait ce que j'avais à faire. J'ai fait mon travail et je suis fière de ça. Je le referais n'importe quand.»

«Pour moi, c'était le gros bon sens. Il n'y avait pas d'autres options. [...] Quand on est élu pour faire un travail, c'est important de ne jamais oublier pour qui on travaille», a plaidé la députée, qui sera de retour sur les banquettes de l'Assemblée législative de l'Ontario lundi.

Elle y sera «encore plus déterminée que jamais», a-t-elle lancé. La lutte est loin d'être terminée, selon elle.

Ce n'est qu'un début

La mobilisation de samedi aux quatre coins de l'Ontario «n'est qu'un début», promet Mme Simard.

«On vient juste de réaliser à quel point [nos acquis] sont fragiles. Il faut vraiment protéger tout ce qu'on a», a-t-elle indiqué.

«La francophonie, c'est au cœur de notre identité, de notre culture. C'est nous, a-t-elle mentionné. Pour moi, c'est très important qu'on continue de vivre en français en Ontario, qu'on prenne notre place.»

Ils étaient quelques centaines de Franco-Ontariens rassemblés à Clarence-Rockland à penser comme elle.

Elle est «courageuse. Ce n'est pas évident pour une jeune dame qui commence sa carrière politique, qu'elle prenne la décision réfléchie de lâcher son parti pour être indépendante, ça démontre sa fierté définitivement», a dit Jean-Luc Jubinville.

Son geste est «historique, a souligné Yvan Bercier. Je n'ai jamais vu ça. On a une petite Franco-Ontarienne qui a décidé de le faire [de se tenir debout devant son chef]. Wow pour notre démocratie».

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