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«Face à la rue»

Jean-Marie Lapointe retourne dans la rue

Samuel Pradier | Agence QMI

ARCHIVES/AGENCE QMI

Après deux saisons de «Face à la rue», Jean-Marie Lapointe a eu envie de retourner voir les personnes en situation d’itinérance rencontrées dans le cadre de sa série documentaire, afin de voir si elles ont réussi à s’en sortir et prendre de leurs nouvelles.

L’émission spéciale «Face à la rue: que sont-ils devenus?» sera diffusée le 5 décembre prochain, à19 h 30, sur MOI ET CIE.

Grande portée

Jean-Marie Lapointe ne s’attendait pas à ce que «Face à la rue» ait un impact aussi fort auprès du public.

«L’itinérance est dans l’air du temps et obtient de plus en plus de visibilité, a-t-il expliqué en entrevue. On a fait cette série avec beaucoup de délicatesse, beaucoup d’amour et de respect. Pour les gens de la rue, le respect est d’ailleurs ce qui leur manque le plus. En fait, on s’est intéressé à des gens qui n’intéressent presque personne.»

Au cours de cette spéciale d’une heure seront mises en lumière des histoires qui se terminent bien comme celle de Roger, qui a retrouvé un toit, ou de Tommy, qui est devenu papa et qui partage un appartement avec un ami.

«On a reçu énormément de messages de gens qui nous demandaient ce qu’ils étaient devenus. Honnêtement, ce sont des gens qu’on croise régulièrement, l’équipe et moi. À travers cette émission, on voulait montrer que certains vont vraiment bien, mais que pour d’autres, la sortie de la rue est plus difficile.»

C’est notamment le cas de Karine qui, après une thérapie et un sevrage, a rechuté, au grand désespoir de sa maman, qui témoigne dans l’émission. «Il fallait aussi montrer des cas où les choses sont plus difficiles, confirmé Jean-Marie Lapointe. Si on ne montre que des gens qui s’en sortent, ce n’est pas la vérité. Il y en a qui meurent dans la rue et d’autres qui s’en sortent, c’est ça la réalité.»

Vent de changement

Après plus de 20 ans de bénévolat auprès de différents organismes, Jean-Marie Lapointe souhaitait changer le regard du public face aux personnes en situation d’itinérance. Il semble avoir réussi son pari.

«Je pense que le timing était bon. Beaucoup de gens qui ont vu la série nous écrivent en nous disant vouloir faire une soupe populaire, porter des cadeaux pour les itinérants, vouloir s’impliquer... Il y a un élan de changement qui est en train de naître.»