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Un restaurant de Wendake ravagé par les flammes

Dominique Lelièvre | Journal de Québec

GUY MARTEL/AGENCE QMI

La communauté huronne-wendat est sous le choc, dimanche matin, après que le restaurant Sagamité qui fait sa fierté depuis bientôt 20 ans a été la proie d’un grave incendie en fin de nuit.

L’établissement de Wendake qui se spécialise dans la cuisine traditionnelle et raffinée des Premières Nations sera vraisemblablement fermé durant plusieurs semaines, voire plusieurs mois en raison de l’incendie qui a débuté tout juste après 5 h du matin dans l’immeuble du 10, boulevard Bastien.

Il n’y avait heureusement personne à l’intérieur lorsque le sinistre s’est déclaré et on ne rapporte aucun blessé. Le restaurant de 200 places, qui emploie une quarantaine de personnes, a cependant été lourdement endommagé.

Le brasier aurait pris naissance à l’arrière du bâtiment dans une section récemment aménagée qui donne sur la rivière Saint-Charles. Il a été d’une telle puissance que l’intervention des pompiers est passée en quatrième alarme en moins de trente minutes. Une soixantaine de sapeurs se sont déplacés.

Les flammes se sont attaquées à tous les étages et à la toiture dont une partie s’est effondrée.

«Ça va être des dommages majeurs», selon Bill Noonan, porte-parole du Service de protection contre l’incendie de Québec (SPCIQ). Les dégâts ont été causés tant par le feu et la fumée que par l’eau, étant donné que les gicleurs se sont actionnés. Les pompiers parlent de «centaines de milliers de dollars» en dommages.

Pleurs

Le propriétaire du Sagamité, Steeve Gros-Louis, n’a pu retenir ses larmes en constatant les dégâts à l’établissement.

«Quand on a parti le commerce en 1999, il n’y a pas grand monde qui croyait en ce projet-là parce que d’amener du feu à la table, de parler des ancêtres, c’était comme pas conventionnel. Sans prétention, on se voit comme une institution au niveau de la cuisine des Premières Nations», a-t-il dit au Journal.

«Ce qui me désole et ce qui me fait de la peine, c’est que j’ai beaucoup d’art ancien, des totems, des peintures d’artistes qui sont décédés. Ça prend des années à construire. C’est pour les archives que j’ai le plus de peine. J’ai hâte de voir si je peux en sauver», a-t-il poursuivi, tout en se disant heureux que personne n’ait été blessé.

En avant-midi, il ignorait toujours l’ampleur des dégâts, mais ses conversations avec les enquêteurs du Commissariat aux incendies étaient peu rassurantes. Il y en aurait pour plusieurs mois à reconstruire. Il n’a «aucun doute» que l’établissement sera reconstruit.

Au pire moment

Le Grand Chef de la nation huronne-wendat, Konrad Sioui, souligne que le sinistre survient «au pire de moment de l’année» pour le commerce, dont le carnet de réservations était chargé à l’approche du temps des fêtes.

«Ça ne peut pas être pire que ça. On est à trois semaines de Noël, alors il faut se revirer vite. On va travailler ensemble comme on est habitués de le faire et on va trouver des solutions de rechange. [...] On va avoir des discussions à un très très haut niveau», a-t-il laissé planer.

Dimanche matin, la cause de l’incendie était toujours inconnue. Une enquête s’amorce et toutes les hypothèses sont étudiées. Ce n’est qu’à 8 h 13 que l’aggravation improbable du feu a été déclarée.

Un bâtiment adjacent qui abrite des personnes âgées autonomes a été évacué par mesure préventive. Les occupants ont pu réintégrer leur demeure quelques heures plus tard.