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Le plus grand défi de David Saint-Jacques: sa famille

« Quand tu es loin, tu te sens un peu inutile », relate l’astronaute Robert Thirsk

Jonathan Tremblay | Journal de Montréal

Aucun obstacle auquel sera confronté l’astronaute David Saint-Jacques durant son voyage en orbite autour de la Terre n’aura d’égal la difficulté de se voir arraché à sa famille, soulignent deux astronautes canadiens.    

« Le plus grand défi, c’était de m’ennuyer de ma famille », se souvient Robert Thirsk, astronaute canadien retraité, qui cumule cinq missions spatiales.   

Lundi matin, à 6 h 31 (HE), la navette Soyouz MS-11, de la mission Expédition 58, décollait de Baïkonour au Kazakhstan.   

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L'émotion était palpable à l'Agence spatiale canadienne de Saint-Hubert où des amis et de la famille de David Saint-Jacques étaient réunis.   

L’envol s’est avéré un succès sur toute la ligne et l’équipage est, depuis, en orbite.   

Pour les six prochains mois, le père de famille québécois de 48 ans, décrit par ses proches comme un être « hors-norme », tant sur le plan intellectuel, physique, qu’émotionnel, pourra téléphoner à sa femme et ses trois enfants une fois par jour.   

Il les verra aussi en vidéoconférence à fréquence d’une fois par semaine. « Ce n’est pas une caresse, mais c’est au moins une conversation, indique M. Thirsk. La famille fait un sacrifice pour nous. »   

Pour lui, le métier d'astronaute est le meilleur emploi du monde. Mais comme « on n’a rien pour rien, il y a toujours un prix à payer. »   

Distraction  

D’après son expérience, un astronaute peut facilement être distrait par une situation qui survient au sein de sa famille, sur Terre, malgré l’horaire chargé, en orbite.   

« Il s’en passe des choses, en six mois! Un enfant peut avoir un problème à l’école, le chauffe-eau peut couler à la maison, la voiture peut être impliquée dans un accident », énumère-t-il, à titre d’exemple.   

Un soutien aux familles est à tout le moins garanti par l’Agence spatiale, précise-t-il.   

« En tant que mari ou parent, tu veux être impliqué dans ces situations. Quand tu es loin, tu te sens un peu inutile. Comme si tu ne remplissais pas ton rôle. C’est un poids sur les épaules », ajoute l’homme ayant passé près de 206 jours dans l’espace.   

Dans ces moments, les membres de l’équipage sont essentiels, assure-t-il.   

Plus grande crainte  

Jennifer Sidey-Gibbons, 30 ans, astronaute en préparation pour l’Agence spatiale canadienne, abonde dans le même sens : sa plus grande crainte, advenant son envol, serait de négliger sa famille.   

La diplômée en génie mécanique de l’Université McGill vient tout juste de se marier. Elle n’a pas encore d’enfants, mais y songe.   

« On est bien préparé sur tous les aspects, mais les aspects humains sont les plus difficiles à contrôler », confie-t-elle au Journal.   

En faire davantage  

Une des nombreuses expériences auxquelles David Saint-Jacques participera prochainement se nomme : se sentir chez soi à la station spatiale internationale.   

Il s’agit d’une analyse psychosociale qui consiste à examiner comment des astronautes des quatre coins de la planète font pour se sentir chez eux à la Station, loin de leur famille.   

« C’est un aspect qui mérite plus de recherche, expose Robert Thirsk. Surtout que les prochains voyages seront en espace profond. »   

Ces expéditions, dit-il, seront d’une durée de plus de deux ans.  

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