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Assurance-emploi

Le statut de région protégée réclamé

André Normandeau | TVA Nouvelles

Une coalition de l’Est-du-Québec et du Nouveau-Brunswick demande à Ottawa un statut spécifique pour leur région estimant que ce serait une solution pour effacer le trou noir, cette période sans salaire entre la fin des prestations d’assurance-salaire et le retour au travail des travailleurs saisonniers.

Selon la coalition, les deux tiers des travailleurs saisonniers sont situés dans l’Est du Canada et pour eux, la solution passe par un statut de région protégée.

Ce statut abaisserait les critères à 420 heures en plus d’instaurer un plancher de 35 semaines de prestation, ce qui permettrait d’éliminer la problématique du trou noir.

Pour la députée bloquiste de Manicouagan, Marilène Gill, c’est une question de survie des régions. «Il en va de la vitalité, de la vie, de l’existence même des régions. On doit occuper le territoire, et pour l’occuper on doit se doter des outils nécessaires», a-t-elle expliqué.

Une délégation d’une dizaine d’employeur, d’élus municipaux, de représentants syndicaux et de députés du Québec et du Nouveau-Brunswick a fait cette sortie à Ottawa. La coalition veut faire bouger les libéraux à la veille des élections fédérales. Elle a particulièrement ciblé la Haute-Côte-Nord comme région étant frappée par le trou noir.

Le maire de Tadoussac, Charles Breton, a imagé le problème. «Le trou noir, c’est un malheur qui revient chaque année, a-t-il indiqué. C’est comme les tempêtes qui grugent nos rivages. Le trou noir gruge la santé financière, la qualité de vie et parfois même la santé des travailleurs saisonniers et de toute leur famille.»

Mireille Pineault, propriétaire du restaurant Le Bateau de Tadoussac, abonde dans le même sens. «Notre région se vide, a-t-elle indiqué. Qui va reprendre nos commerces sans employé? Des cuisiniers, des serveurs, des femmes de chambre qui reprennent leur emploi chaque année à la même date sont traités comme des lâches», explique-t-elle.

Le projet pilote d’ajouter cinq semaines de prestation est un pas dans la bonne direction, mais ça ne règle pas le problème à la source, selon la coalition.

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