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Aéronautique

Une campagne de recrutement critiquée

Louis Cloutier | TVA Nouvelles

Une opération de recrutement menée par un sous-traitant aéronautique montréalais lundi à Trois-Rivières soulève de la colère.

L'atelier AAR, anciennement Premier Aviation, déplore pareille incursion dans ses plates-bandes où la main d'œuvre fait déjà cruellement défaut.

Le sous-traitant actif dans la construction de l'Airbus A220 a d'ailleurs débauché deux «employés-clés» d'AAR, des inspecteurs en qualité.

«On a perdu deux personnes (lundi) suite à la foire de l'emploi ici à Trois-Rivières. C'est aberrant. Ils viennent chercher l'expertise ici quand ils en ont dans leur propre cour. Je ne comprends pas», a pesté Stéphane Rochette, directeur d'AAR qui entretient à Trois-Rivières de gros aéronefs, dont une partie de la flotte d'Air Canada.

Celui-ci observe que l'industrie aéronautique montréalaise peut compter sur la disponibilité de 2500 travailleurs qui seront bientôt licenciés par Bombardier.

Chez Aéro Montréal, on indique toutefois qu'il s'agit d'une fausse perception puisqu'on peut considérer que le groupe de futurs licenciés a déjà un autre emploi assuré. On évalue à 40 000, le nombre de postes dans cette industrie qui seront à combler d'ici dix ans au Québec.

AAR ne nie pas recruter dans la région de Montréal, mais note qu'il est beaucoup plus difficile de convaincre un travailleur montréalais de s'en venir à Trois-Rivières que l'inverse.

«Ça démontre l'urgence de la situation. On voit bien que l'ensemble du Québec a un problème de recrutement dans l'ensemble des entreprises et bien entendu les entreprises sont en compétition l'une contre l'autre», a fait savoir Mario De Tilly d'Innovation et développement économique Trois-Rivières qui déplore aussi la tenue de cette campagne de séduction au nez et à la barbe d'AAR.