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Congrès de l'UPA

Encourager l’achat local par un crédit d’impôt

Diane Tremblay | Agence QMI

Les consommateurs qui achètent des produits du Québec à l’épicerie pourraient avoir droit à un crédit d’impôt remboursable. La suggestion, lancée hier, au congrès annuel de l’Union des producteurs agricoles (UPA) du Québec sera étudiée.

«Tous les produits qu’on achète ont un code barres. Avec la technologie, il serait facile de cumuler les achats locaux avec une carte. Le gouvernement pourrait redonner aux familles, aux restaurants et aux institutions des crédits d’impôt en fonction des achats annuels», propose Marie-Chantal Houde, propriétaire de la Fromagerie Nouvelle-France.

En augmentant l’achat local, le Québec pourrait réduire sa dépendance envers d’autres pays et ainsi aider les familles à se prémunir des augmentations du prix du panier d’épicerie.

Avancer à reculons

«Il faut qu’on donne aux gens des moyens concrets et faciles pour encourager l’achat local. L’éducation et les valeurs, certes, mais ça prend plus que ça, car tout se joue au niveau financier», a-t-elle ajouté.

Le président général de l’UPA, Marcel Groleau, trouve l’approche «très intéressante».

«On va l’intégrer dans notre boîte à penser», a commenté M. Groleau.

Malheureusement, la volonté d’accroître la souveraineté alimentaire du Québec recule plutôt que d’avancer, déplore-t-il. M. Groleau cite l’exemple de l’aquaculture.

En 2000, dit-il, 50 % des truites sur le marché provenaient du Québec. Aujourd’hui, c’est moins de 2 %, alors que les supermarchés regorgent de truites en provenance du Pérou et du Chili.

«On ne mange pas moins de truites. On en mange probablement plus, mais elles viennent d’ailleurs, où les normes environnementales sont différentes», a-t-il exposé.

«Il faut qu’il y ait une prise de conscience de nos gouvernements sur la réciprocité des normes et la compétition déloyale qu’on ne pourra pas toujours soutenir.»

L’agriculture au Québec est sous-financée, selon l’UPA, qui estime qu’un redressement est à faire dans ce secteur de plus en plus réglementé.