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L'Académie Gregory

Gregory Charles lance un programme d’aide aux nouveaux arrivants

Marie-Josée R. Roy | Agence QMI 

MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI

Gregory Charles souhaite aider les nouveaux arrivants à s’intégrer à la société québécoise. Par le biais de l’Académie Gregory, l’artiste lance «Je suis Québécois», un programme de francisation et d’initiation à l’histoire, aux institutions et à la culture de la Belle Province, qui sera accessible le 1er avril 2019, a-t-on appris mercredi.

Depuis presque deux ans, l’Académie Gregory dispense des cours virtuels de musique et de chant au moyen de capsules vidéo à visionner quotidiennement. Entre mai 2017 et aujourd’hui, plus de 4000 personnes se sont prévalues du service.

Le procédé sera sensiblement le même avec «Je suis Québécois»; les abonnés recevront pendant 230 jours (huit mois) des vidéos d’une dizaine de minutes, animés par Gregory, traitant de notions culturelles et sociales telles qu’établies au Québec (fonctionnement des institutions, systèmes de santé et d’éducation, rouages de la justice, permis, épargne, crédit, emploi, logement, histoire, chansons, etc).

Un volet linguistique, comportant l’ajout progressif de nouveaux verbes et expressions, se greffera aussi aux vignettes, en français et en anglais.

Les nouveaux arrivants et leurs familles apprendront ainsi graduellement à connaître leur terre d’accueil, son histoire et ses références sociales, culturelles et politiques pour, espère Gregory Charles, contribuer ensuite à la vie économique et citoyenne du Québec et se bâtir une vie heureuse dans leur nouveau chez-soi.

Une équipe interactive de soutien sera à la disposition des participants pour répondre aux questions et coordonnera le protocole de progrès, d’évaluation et de réussite du programme.

«Nous, quand on va dans un endroit étranger, on s’intéresse à l’histoire, aux traditions. Pourquoi les gens qui arrivent ici n’auraient pas la même possibilité d’apprendre? À la limite, tout le monde pourrait suivre le cours "Je suis Québécois", personne ne serait perdant. Mais, particulièrement si tu arrives et implantes ta famille ici, moi, je veux maximiser les chances que les gens soient heureux», a noté Gregory Charles en entrevue, en mentionnant qu’une place importante de son programme sera accordée à la télévision, à la musique et aux sports.

À chacun sa Pierrette

C’est en regardant son propre père, Lennox Charles, originaire des Antilles, s’impliquer auprès du PROMIS, organisme d’aide aux immigrants et réfugiés, que Gregory Charles a grandi avec le souci d’aider son prochain à s’acclimater aux mœurs québécoises.

Gregory répète avec tendresse que son papa a eu son école personnelle en la personne de Pierrette, son épouse. Depuis qu’il a mis sur pied son école virtuelle, il cherche la façon de donner à chaque immigrant «sa Pierrette».

«Je veux offrir, dans une version contemporaine, en ligne, qu’on peut utiliser sur le cellulaire, la tablette, l’ordinateur, dans un centre communautaire ou à la maison, la possibilité aux gens d’avoir accès à une forme de "Pierrette".»

L’annonce du projet «Je suis Québécois» survenait mercredi, au lendemain de la présentation, par le gouvernement de François Legault, du plan de réduction des seuils d’immigration à 40 000 personnes en 2019, équivalant à une réduction de 24 % du nombre de nouveaux arrivants accueillis. Gregory Charles s’est-il senti interpellé par la décision?

«Je ne suis pas un spécialiste de la politique, a répondu ce dernier. Je pense que n’importe qui dirait que je suis un Québécois qui contribue à la société. Je suis le fils d’un immigrant, et je veux que les immigrants qui arrivent ici restent, et aient la possibilité de faire de même.»

Pour l’instant, l’Académie Gregory compte sur l’appui d’un partenaire majeur, le Groupe Banque TD, pour mener à bien «Je suis Québécois». Le musicien et communicateur espère-t-il éventuellement aller chercher du soutien public des dirigeants à Québec et Ottawa pour donner de l’expansion à son initiative, étant donné que l’œuvre remplit une mission sociale?

«Ça se peut bien que ça devienne un vecteur intéressant», s’est-il contenté de remarquer.

Quant à l’Académie Gregory, elle pourrait, dans le futur, ouvrir sur d’autres horizons, comme la science, a évoqué son créateur, mais pas à court terme.

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