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«Mafia inc.»

Le plaisir de jouer pour Podz

Yan Lauzon

ART-PLATEAU DU FILM QUEBECOIS «MAFIA INC.»

Sébastien St-Jean / Agence QMI

Si Sergio Castellitto a accepté de bonifier son imposante filmographie en jouant pour la première fois au Québec, c'est parce qu'il croit au talent du réalisateur Podz et en son nouveau projet cinéma, «Mafia inc.», actuellement en tournage.

Préférant aujourd'hui s'asseoir derrière la caméra plutôt que de se tenir devant, la vedette italienne a décidé d'accepter les ordres de Daniel Grou – alias Podz – et de devenir pour lui Frank Paterno, le parrain de la mafia à Montréal, quelques mois après une rencontre créative et artistique qui s'est tenue à Rome, en Italie.

«J’ai retrouvé un certain plaisir de jouer grâce à lui, a confié Sergio Castellitto à propos du cinéaste québécois à l'Agence QMI à la fin de novembre, sur le plateau du film installé dans l'arrondissement de Saint-Léonard. Je trouvais le film très bien écrit et maintenant très bien dirigé par Daniel, avec une "wild bunch" d'acteurs formidables.»

Originalité

Pour différentes raisons, dont l'intérêt «de raconter le contrechamp de la légalité», l'acteur italien âgé de 65 ans, associé à plusieurs rôles criminels dans les films de son pays, s'est laissé tenter par cette nouvelle aventure, malgré tout ce qui a déjà été proposé en lien avec l'organisation criminelle qu'est la mafia.

«Faire un film sur la mafia aujourd’hui, c’est de plus en plus difficile parce qu’il y a tellement de stéréotypes et d’icônes... Il n’y a qu’à considérer "Le parrain" de Francis Ford Coppola... C’est pour ça que j’ai retrouvé, dans ce scénario et cette façon de tourner de Daniel, un côté très original. Il ne faut pas faire quelque chose de totalement différent, mais il faut trouver dans chaque situation quelque chose de différent. La mafia, c’est un stéréotype dans la société, pas seulement au cinéma.»

Confiance

Podz a aussi reçu beaucoup d'éloges des autres membres de la distribution de «Mafia inc.», dont Benz Antoine, celui que les téléspectateurs connaissent comme le tourmenté policier Tyler Joseph de la série québécoise «19-2».

Selon l'acteur costaud, le réalisateur n'est rien de moins qu'un «magicien» sur le plateau. «Tu ne peux pas passer à côté d’un film de Podz... J'ai dit à mon gérant: "tu ne dis pas non à Podz. Ça, c'est sûr et certain"», a laissé savoir celui qui joue un lieutenant procédant, avec son partenaire Roman Pagliaro, à l'arrestation de Frank Paterno.

Ayant une confiance aveugle à l'égard de celui qui lui a permis d'incarner son premier personnage francophone important au Québec, le comédien prend un grand plaisir à évoluer devant ses yeux.

«Quand je travaille avec un réalisateur, la première chose qu'il doit faire, c'est gagner ma confiance. Souvent, je travaille en anglais et des fois, ça prend du temps. Mais Podz, il peut dire n'importe quoi. C'est le "fun"», a détaillé Benz Antoine.

Premier contact

Même les acteurs moins expérimentés apprécient le professionnalisme du cinéaste. À preuve, Henri Picard s'est immédiatement senti à l'aise de bosser pour lui.

Bien qu'il appréciait déjà les œuvres de Daniel Grou, il ne savait pas trop à quoi s'attendre en acceptant de prêter ses traits à Vincent «Vince» Gamache, de 13 à 16 ans, un adolescent impassible quand vient le temps de tuer, qui joint les rangs de la mafia avant d'avoir atteint l'âge adulte.

«Je connaissais un peu Podz, j'ai regardé pas mal tous les films qu'il a faits, et j'aime sa façon de réaliser. Je savais que c'était un très bon réalisateur, mais personne ne m'avait parlé comment il dirigeait. C'est une grosse production, mais je me sens à l'aise sur plateau, Podz m'explique des choses de façon à ce que ce soit simple et qu'il n'y ait aucun stress. Si j'ai mal fait, on recommence. On a du temps, ça va bien.»

Le film «Mafia inc.» est attendu en 2019 sur les écrans des salles obscures.

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