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«Noël, une tradition en chanson»

Un spectacle généreux et plein de cœur

Marie-Josée R. Roy | Agence QMI

«Noël, une tradition en chanson» porte bien son titre. Le spectacle, qui en est à sa deuxième édition et s’installait à l’Étoile de Brossard mardi et mercredi, célèbre le catalogue musical de la festive période de la fin de l’année dans une atmosphère des plus traditionnelles.

On sent beaucoup de cœur et de générosité dans cette fresque à la facture classique, campée dans un décor de sapins illuminés au pied desquels des drapés blancs évoquent une neige immaculée.

Beaux comme des cœurs dans leurs tenues du réveillon, Johanne Blouin, Michel Louvain, Yves Lambert, Renée Martel, Annie Villeneuve, David Thibault, Michaël et Émilie-Claire Barlow déballent comme autant de cadeaux sous l’arbre les airs qui résonnent depuis déjà quelques semaines sur les ondes radiophoniques, rattachés à Noël ou au Jour de l’An.

Dans une mise en scène de Joël Legendre, les sept musiciens accompagnant les chanteurs sont dispersés un peu partout entre les conifères de la forêt enchantée.

Annie Villeneuve l’annonce dès son premier solo: on tâchera d’offrir la pièce préférée de tout le monde pendant le tour de chant d’une cinquantaine de titres, des plus solennels («Minuit Chrétien», «Le sentier de neige») aux plus légers («Le père Noël c’t’un Québécois», «La turlute des Little-Delisle»).

Plaisir simple

«Noël, une tradition en chanson» est affaire de plaisir simple et sans prétention.

Les bonnes intentions palpables de l’équipe y rachètent les maladresses évidentes de l’entreprise. Ces voix qui faussent – hélas fréquemment –, ces paroles qu’on oublie, ces problèmes de son, cet enchaînement sans grandes surprises ni réelle originalité: on se dit ça et là que la troupe a peut-être manqué de temps pour se préparer plus en profondeur. Ou alors qu’on a possiblement pris pour acquis l’affection du public pour l’immortel répertoire du temps des fêtes, au point, qui sait, de négliger d’autres aspects importants d’une prestation du genre.

Or, à moins d’un mois de la descente du père Noël dans nos cheminées, ne jouons pas les grincheux.

Car on craque inévitablement pour une Annie Villeneuve qui glisse un clin d’œil à sa petite fille, Léa, au dernier ver de «Noël chez moi». On s’extasie devant la puissance d’une Johanne Blouin, sincèrement touchante sur «L’enfant au tambour» – que l’assistance entonne bien fort avec elle – ou «Il est né le divin enfant». On s’attendrit au contact d’un Michel Louvain mutin comme un petit garçon et bon comédien sur «Au royaume du bonhomme hiver».

Dommage que le parterre n’ait pas davantage tapé du pied avec Yves Lambert sur «Dans nos vieilles maisons», mercredi, mais, lorsque les timbres de tout le groupe s’unissent pour «Les anges dans nos campagnes», on entendrait une mouche voler à travers les spectateurs.

À quelques minutes de l’entracte, Johanne Blouin et Michaël envoûtent sur une saisissante «The Prayer», avant qu’Annie Villeneuve ne soulève dignement «Glory Alléluia».

Plus tard dans la soirée, un pot-pourri de mélodies comiques ajoutera un grain de folie à l’ensemble, et les attendues «Marie-Noël», «Sainte Nuit» et «23 décembre» achèveront de contenter les amoureux de la fête.

«Noël, une tradition en chanson» est présenté partout en province jusqu’à la fin décembre.